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Kem One : le plan de reprise conjoint homologué

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La reprise du groupe chimique Kem One par l’industriel Alain de Krassny, soulagerait les 1.300 salariés concernés./ Reuters
La reprise du groupe chimique Kem One par l’industriel Alain de Krassny, soulagerait les 1.300 salariés concernés./ Reuters (Crédits : Kem One)
La juridiction consulaire accepte le plan présenté par l’industriel Alain de Krassny associé au fonds Open Gate Capital. Ces deux candidats étaient rivaux jusqu’au 18 décembre, date à laquelle ils ont annoncé qu’ils faisaient cause commune.

Le tribunal de commerce de Lyon a rendu sa décision à 17 heures dans le dossier Kem One SAS. Sans surprise, il a homologué le plan de redressement par continuation présenté par Alain de Krassny conjointement à Open Gate Capital, pour la reprise du fabricant de chlore et PVC.

Encore en concurrence jusqu'au 18 décembre dernier, ces deux candidats, seuls en lice, ont décidé de se rapprocher dans la dernière ligne droite. Compte tenu des délais, il n'était pas possible de procéder à une fusion des offres. Si bien qu'Open Gate Capital, le fonds d'investissement américain, a retiré la sienne au profit de celle de l'industriel franco-autrichien.

Chacun apporte 5 millions d'euros dans K O Group, société de reprise où ils figurent à 50/50. Alain de Krassny prendra la présidence de Kem One SAS, dans les prochains jours. La direction générale sera confiée à Frédéric Chalmin, l'actuel directeur opérationnel.

« Il a une vraie légitimité à l'égard du personnel. Nous avons également eu la chance d'avoir un représentant des salariés qui a apporté des propositions constructives tout au long du processus», se félicite Alain Ribyere, avocat de Kem One.

Rebondissements multiples

Ce dénouement marque un terme à une épopée qui a commencé le 27 mars dernier, avec la mise en redressement judiciaire de Kem One SAS, huit mois après sa cession par Arkema à Gary Klesch, homme d'affaires anglo-saxon. Les rebondissements n'ont pas manqué : Sun Capital, un autre fonds américain, a jeté l'éponge en novembre suivi de la CGT end décembre.

Le dernier coup de théâtre s'est joué le 18 décembre lorsque Open Gate et Alain de Krassny - le dernier à s'intéresser à l'affaire, en octobre dernier sur la suggestion de Robert-Denis del Picchia, sénateur des Français à l'étranger - ont annoncé qu'ils s'alliaient.

« Depuis plusieurs semaines, l'Etat nous suggérait ce rapprochement. Les problèmes rencontrés avec EDF sur les conditions de fourniture d'énergie nous ont convaincus de faire front commun sur ce point. Rapidement nous sommes arrivés à la conclusion qu'il était plus intelligent d'aller plus loin en nous unissant », assure Lionel Spizzichino, avocat d'OpenGate Capital.

Longues négociations avec les fournisseurs

Tout au long des semaines écoulées, et jusqu'au dernier moment, les ministères concernés et le Préfet Carenco, ont été mobilisés au plus haut niveau pour sauver le soldat Kem One. Aucune reprise viable ne pouvait être envisagée sans renégociations avec les fournisseurs et elles furent âpres, longues car de surcroît les règles européennes ne devaient pas été transgressées. Selon nos informations, Total a in fine accepté une remise de 13,6 % du tarif de l'éthylène, et Lyondellbasel de 13,5 %.

C'est avec EDF que les tractations ont donc été les plus ardues. Arkema a lui aussi mis la main à la poche en finançant, entre autres, une grande partie de la période d'observation.

128 millions des pouvoirs publics

De leur côté, les pouvoirs publics soutiennent le plan de redressement à hauteur de 128 millions d'euros : 80 millions d'avances remboursables, 33 millions de prêts du fonds de résistance économique (RSE) et 15 millions de subventions d'investissements.

« Il est indispensable qu'ils tiennent tous leurs engagements pour assurer le succès du plan de redressement », met en garde Stéphane Vital-Durand, avocat de Alain de Krassny.

Pour le passif estimé aujourd'hui autour de 80 millions après probable effacement des 113 millions de dettes abandonnées par les grands groupes et l'Etat, les créanciers ont le choix entre deux possibilités aux créanciers : un remboursement immédiat à 30 % ou total mais échelonné sur 10 annuités.

Garantie d'embauche pour les 48 licenciés

Cette cession n'entraîne pas de restructuration sociale douloureuse. Les effectifs sont ramenés à 1.200 salariés et le PSE se limite à 48 personnes qui se verront proposées un reclassement chez Arkema, dans leur bassin d'emploi, dans la mesure du possible.

Sans tarder, il sera procédé aux audits plus approfondis de Kem One Innovativ Vinyls SAS, branche aval, dédiée à la production de compounds, tubes et profilés en PVC, et que Gary Klesch s'est formellement engagé à rétrocéder pour un euro symbolique dans le cadre d'une solution globale de reprise. Forte de 1.300 salariés elle n'était pas concernée par le dépôt de bilan mais jugée indispensable pour faire vivre l'amont

Engagements sur le long terme

L'intérêt de l'alliance repose sur le fait qu'Alain de Krassny est un spécialiste de l'amont. Et il a prouvé sa capacité à développer Donau Chemie, à Vienne contrôlée par sa fondation familiale et dont il assure la présidence du conseil de surveillance. Open Gate a déjà un pied dans l'aval.

Propriétaire depuis janvier dernier de Profialis, spécialisé dans les profilés, le fonds a récemment conclu un accord d'exclusivité avec le chimiste franco-belge Solvay pour acquérir Benvic (200 salariés), un des premiers spécialistes de la formulation de PVC possédant trois usines en France, Italie et Espagne.

Cette association a-t-elle vocation à durer ?

« Les deux actionnaires sont liés sur le long terme », affirme Lionel Spizzichino. « Des actionnaires qui se mettent ensemble, c'est plutôt rassurant pour l'avenir », reconnaît Rémy Lasnet, délégué Cfdt. « Nous sommes passés d'une période où nous risquions de nous retrouver en liquidation à cette possibilité de figurer parmi les premiers européens ».

De son côté, Arnaud Montebourg s'est réjoui de ce rapprochement de deux acteurs complémentaires, lors d'une visite effectuée ce jeudi dans l'usine Kem One de Balan, dans l'Ain.

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