Ville intelligente : des freins plus juridiques que technologiques

Dominique Pialot

Smart city
: Schneider Electric

Dominique Pialot

Smart city
: Schneider Electric
L'offre intégrée, les industriels - notamment ceux du BTP - s'estiment légitimes pour y jouer les premiers rôles. Ils y voient la clé de la ville intelligente. Historiquement, les municipalités mettent les entreprises en concurrence de façon séquentielle, chacune délivrant une seule et unique fonction (chaleur, déchets, énergie...).
Aussi louable soit-il, cet objectif se heurte à de solides obstacles juridiques. Cela coince aussi sur le modèle économique dès qu'il s'agit de mutualiser des infrastructures.
La technologie n'est plus un frein, mais l'environnement économique et juridique n'est plus adapté.
De ce côté du Rhin, la disette budgétaire oblige les collectivités à davantage travailler avec le privé, mais la méfiance demeure. À l'inverse, par exemple dans le land allemand de Hambourg (« soumis aux mêmes règles européennes que nous », remarque-t-elle), un processus de concertation industrielle prévoit que tous les participants à un appel d'offres décrivent leur projet publiquement, devant les fonctionnaires et même leurs concurrents...
En France, les entreprises demandent donc à pouvoir agir par dérogation ou à obtenir que les réglementations soient modifiées. Pour s'attaquer au no man's land juridique, elles comptent notamment sur l'Institut de la ville durable qui doit être créé dans le cadre de la mission « Ville durable » confiée en janvier dernier au conseiller d'État Roland Peylet. Elles attendent aussi de pied ferme la confirmation de démonstrateurs des quartiers ou villes entières, probablement attribués à chacun des grands du secteur (Bouygues, Vinci et Eiffage), pour y faire la preuve de leurs solutions en jouissant d'un mode dérogatoire.
Le groupement Eiffage, Egis et GDF Suez a remporté un appel à projets du ministère du Commerce extérieur pour ce simulateur virtuel en 3D, qui doit aider à vendre à l'export les solutions françaises pour la ville durable, en prenant Astana pour laboratoire.
Malgré les gisements d'économies que promettent l'approche systémique et l'offre intégrée, « aujourd'hui, elles n'existent pas à grande échelle, déplore Fabrice Bonnifet. C'est le problème de la poule et de l'œuf, d'où l'intérêt des démonstrateurs... ».
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

_____
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Dominique Pialot