Economie du partage : la révolution des transports ?

Jean-François Rouge

Jean-François Rouge
Des pistes, beaucoup de pistes, et dans tous les domaines des transports urbains... On pourrait ainsi résumer le contenu - fort riche et stimulant - de cette conférence. « L'économie de l'automobile est en train de changer, et nombre d'utilisateurs commencent à en profiter, a ainsi attaqué Isabelle Dussutour, directrice Europe et international du cabinet ID4Car. Nos travaux actuels partent d'une constatation : la montée en puissance de l'automobile partagée et du covoiturage.
Comment aller plus loin ? Faut-il faire évoluer la conception de la sacro-sainte voiture, son entretien, sa chaîne de valeur jusqu'au recyclage ? Nous réfléchissons à tout ce qui peut favoriser cet usage collectif et intelligent de l'automobile, depuis son design (qui pourrait aboutir à une sorte de mini-bus multi-missions, capable d'accueillir, selon les moments, des banlieusards, des handicapés ou des marchandises) jusqu'à son électronique de bord et à sa connectivité (le GPS du futur reste à inventer)...
« De toutes façons, il va bien falloir que nous réinterrogions le modèle ancien consistant à créer toujours plus d'infrastructures de transports, prévient Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, en charge des transports et de l'espace public. Du simple fait de la raréfaction de nos capacités financières d'investissement, mais aussi par choix, assumé, de ménager les ressources écologiques de nos territoires, à commencer par l'espace. »
Et de proposer, par exemple, l'« auto-partage en boucle ». Avec Auto-Lib (68 000 abonnés), on abandonne le véhicule qu'on vient d'emprunter devant n'importe quelle borne de rechargement, alors qu'avec le SVP (le Service de véhicule partagé que vient de lancer la ville de Paris) on le ramène à son point de départ. Ce système, qui libère beaucoup de places de stationnement, est un peu moins souple qu'Auto-Lib, mais il convient toutefois parfaitement pour des allers-retours quotidiens comme les pratiquent de nombreux banlieusards. Le SVP ne compte à ce jour que 10 000 abonnés, mais son équivalent londonien en est déjà à 60 000...
De son côté, Nathalie Leboucher, directrice de la stratégie et de l'innovation à la RATP, a lancé plusieurs idées en cours de test dans son entreprise :
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Reste toutefois certains goulots d'étranglement, reconnaît-elle, comme par exemple en matière de bus électriques : « Nous voudrions en finir avec nos bus diesel, mais le bus électrique n'est pas encore techniquement au point. Dans ce domaine, nos premiers appels d'offres devraient intervenir en 2017. »
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