La ville intelligente, une ville éduquée, urbaine et citoyenne

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L'étudiant ne vit pas seulement de cours en streaming, de Mooc et de téléconférences : il aussi besoin de contacts humains avec ses profs et ses tuteurs et de vrais lieux de vie
L'étudiant ne vit pas seulement de cours en streaming, de Mooc et de téléconférences : il aussi besoin de contacts humains avec ses profs et ses tuteurs et de vrais lieux de vie (Crédits : Reuters)
[#ForumSmartCity] La ville a été, dès l’origine, un lieu de socialisation, de partage et d’apprentissage. Alors pourquoi certaines d’entre elles sont-elles devenues des lieux de violence, d’exclusion et de méfiance ?

Tout part d'un lapsus (volontaire ?) d'un des intervenants : dans l'intitulé de cette table ronde, faut-il lire « urbanité » (c'est-à-dire politesse, civilité...) ou « urbanisme » ? En fait, tous les participants tombent d'accord pour dire que les deux mots font sens... et vont dans le même sens. Celui du civisme et du vivre ensemble. « L'homme et la machine se disputent aujourd'hui le côté smart, le surplus d'intelligence », souligne Edouard Husson, vice-président de l'Université Paris sciences et lettres. Il rappelle que l'Homme a toujours eu peur, au bout d'un certain temps, de ses propres créations (on pense aux mythes de Frankenstein ou du Golem, au transhumanisme de certains penseurs d'aujourd'hui...). « A l'opposé d'une certaine technophilie, courante en Corée ou en Amérique, la France est chroniquement technophobe, a-t-il conclu. Elle doit se ressaisir et apprendre à tirer à son avantage le meilleur du numérique. »

« L'ordinateur fou du film « 2001 l'Odyssée  de l'espace » a fait peur à plusieurs générations de spectateurs, mais cette menace n'a rien d'inéluctable, plaide Max Armanet, directeur du forum Smart City. La civilisation est née avec la ville et s'est développé ensuite dans la ville. A nous de remettre l'usager, le citoyen et l'homme, tout simplement, au cœur de nos problématiques numériques et urbaines. »


La voie de l'Europe du Sud

Point de vue partagé par Frédéric Chevalier, fondateur du projet The Camp, un site provençal à l'architecture futuriste où il compte accueillir bientôt étudiants et créateurs de startups :

« Certes, l'urbanisme moderne est l'une des sources de nos problèmes de violence et de mal de vivre, mais il peut devenir « la » solution à ces mêmes problèmes, pour peu que nous sachions domestiquer le numérique et ses promesses. »

L'Europe du Sud, pour une fois, nous montre peut-être la voie, indique Edouard Husson :

« Des villes comme Barcelone ou Turin ont pris de l'avance, dès les années 90, en « mixant » chercheurs, industriels, artisans, dans certains lieux qui sont devenus de véritables « clusters » à l'européenne. Nous, à Paris, nous créons maintenant des masters universitaires communs à plusieurs écoles, c'est la voie qu'il convient de suivre ! »

Mais d'admettre, dans le même temps, que l'étudiant ne vit pas seulement de cours en streaming, de Mooc et de téléconférences : il aussi besoin de contacts humains avec ses profs et ses tuteurs et de vrais lieux de vie. « Où est-ce que je vais pouvoir tomber amoureuse ? », lui demandait il y a quelques temps l'une de ses étudiantes...

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Commentaires
a écrit le 27/11/2015 à 17:44 :
Quand les masses seront totalement lobotomisées par le numérique, effectivement, elles resteront cloitrées dans leurs cages à lapin et ne créeront plus de problèmes dans la rue. Avec le "vertueux" système "éducatif" dont nous disposons, l'évolution de notre civilisation s'annonce sous de très bons hospices pour notre oligarchie.
a écrit le 27/11/2015 à 14:50 :
Il n'en sera rien! Toutes ces connexions ne serviront qu'a nous tracer et tout savoir de nos faits, gestes et intentions... Éduquée par qui sur quelle étique? Tout ce flan n'est la que pour faire vendre c'est tout.. mais c'est déjà pas mal

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