"En ville, la voiture sera partagée ou autonome"

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Comment trouver la juste place de la voiture en ville, entre ceux qui en ont besoin pour venir travailler et les urbains qui privilégient les transports en communs ? Un casse-tête que les changements d'usage qui s'annoncent pourraient résoudre.

« Demain, la voiture sera un hobby. Nous allons passer d'une logique de propriété à une logique de partage » prophétise Karima Delli, députée européenne présidente de la commission transports et tourisme. Une évolution qui va faire du bien, quand on sait qu'en ville les voitures sont immobiles 90% du temps, et qu'en province, plus de la moitié des gens utilisent leur véhicule personnel pour rouler moins de 3 km. Mais hors des métropoles, les transports en communs ne sont pas aussi denses, et la voiture reste bien pratique pour aller d'un point A à un point B rappelle Caroline Parot, présidente du directoire d'Europcar Mobility Group, loueur de voiture qui veut devenir « un écosystème de mobilités qui met en place des solutions multiples ». Pour Benoît Sineau, directeur général de OuiCar, site de location de voitures entre particuliers, la vraie problématique est celle de l'efficience des 40 millions d'automobiles en circulation :

« Avec 1,3 passager par voiture, celles-ci sont utilisées à 1% de leur capacité. Notre objectif est de réduire le nombre d'autos et de les mettre à disposition d'autres personnes. Une voiture coûte de 5 à 6.000 euros par an, soit 2 à 250 milliards d'euros ! Nous voulons remettre 50 milliards d'euros dans la poche des Français ».

Pour mieux utiliser les voitures, la data est l'enjeu central selon Caroline Parot :

« Il peut arriver plein de choses aux flottes de voitures. La data va nous aider à mieux gérer la dégradation éventuelle de ces biens et à développer l'éco-conduite ».

La voiture autonome, solution au trafic urbain ?

Pour Bertrand Altmayer, co-fondateur du service de réservation de VTC avec chauffeur Marcel (groupe Renault), rentabiliser une flotte de véhicules n'est pas simple avec une demande qui varie énormément : « trouver la solution la plus pertinente, la plus rentable et la moins coûteuse nécessite un énorme travail de collectes de données ». La solution à la circulation automobile urbaine sera-t-elle la voiture autonome et les taxis robots dont on nous annonce l'arrivée à brève échéance ? Peut-être, mais encore faut-il que ces véhicules soient acceptés par les usagers, ce qui ne semble pas encore le cas selon Karima Delli :

« 80% des citoyens européens ne veulent pas confier leur sécurité à un robot. La voiture autonome ne sera sans doute pas individuelle mais collective. Il existe plusieurs modèles, ceux de l'économie collaborative d'un côté et de l'autre celui des plateformes numériques comme Uber, dont la Cour Européenne de Justice vient de dire que c'était un service de transport qui doit donc respecter les lois européennes. Pas question de laisser s'installer une jungle dans l'économie numérique ».

Au-delà de la seule automobile, la mobilité urbaine est multiple, avec le vélo et l'arrivée de nouveaux moyens de transport comme les trottinettes manuelles et électriques.

« Il faut développer un concept de "mobilité as a service", même si interfacer des plateformes utilisant des technologies différentes est très compliqué », estime Benoît Sineau. Dans quelques années, la question de la voiture individuelle ne se posera plus si la tendance actuelle parmi les jeunes générations qui renoncent à passer leur permis de conduire pour privilégier la location ou le partage se confirme. « J'ai quatre enfants qui ont tous le permis et trois n'ont pas de voiture. C'est un mouvement fort chez les jeunes de tous les hémisphères », a expliqué lors d'une autre table ronde Franck Bruel, directeur général adjoint du groupe Engie et auteur de « l'Energie Efficace : quand moins et mieux font plus ».

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Commentaires
a écrit le 27/12/2018 à 15:48 :
le pekin finira par en avoir ras le bol qu'on lui dise quoi faire, comment et quand.
a écrit le 24/12/2018 à 10:41 :
Du bavardage, rien que du bavardage, au prochain orage solaire on va rigoler!
a écrit le 21/12/2018 à 21:20 :
Vous préconisez donc la fin de la propriété privée.
Les deux seuls possibles deviennent alors une alliance entre oligopoles et organes politiques (cela porte un nom) et le collectivisme (éclairé bien entendu).
La logique veut ensuite qu'on adresse également la propriété privée des domiciles et lieux d'habitation en général, histoire de mieux utiliser l'espace et les services (communications, énergie, tertiaire de support etc.).
Pourquoi pas.
Avec la révolution du data et des objets connectés, on pourra aussi veiller à une juste consommation et un mode de vie harmonieux pour le bien de tous et de la planète.
Parce qu'après tout, quand on porte le bien, où sont les limites?
Mais avez-vous pensé à demander l'avis des concernés, ou n'ont-ils juste qu'à se plier à votre vision du monde?

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