Perché à 3167 mètres d'altitude, le refuge de Tête-Rousse apparaît au bout d'une étendue blanche. Reste à braver un glacier avant de l'atteindre. Élodie Clouvel, vice-championne olympique de pentathlon moderne en août à Paris, s'enfonce dans la neige qui le recouvre. Voilà trois heures qu'elle bataille pour progresser en direction du mont Blanc. Encordée avec un guide et le double champion du monde de sa discipline, son conjoint, Valentin Belaud, elle a été secouée par des rafales de vent de 70 km/h. La neige et la pluie ont fouetté son visage, stoppant par instants sa progression. « Le vide, le vide, le vide », a-t-elle répété le long d'une paroi, pour exorciser sa peur. Le couple n'est pas le seul à souffrir.
La menue Marine Boyer, cheffe de file de l'équipe de gymnastique cet été, a bien « cru que le vent allait [la] faire tomber ». Avec la nageuse Charlotte Bonnet, la basketteuse Sandrine Gruda, la snowboardeuse Chloé Trespeuch et les frères Bassa et Mickael Mawem, champions d'escalade de vitesse, elle compose une expédition 100 % olympienne. Les conditions météo sont « très dures », atteste un membre de la prestigieuse Compagnie des guides de Saint-Gervais. Même pour ces novices, cette traversée du glacier de la Tête-Rousse semble une formalité au regard de ce qu'ils viennent de subir. C'est mal connaître la montagne et les effets du réchauffement planétaire.