En prenant la suite sur le court Simonne-Mathieu mardi, Coco Gauff a ouvert grand les yeux devant la raquette de Richard Gasquet, modèle unique avec protubérance à la base du manche. Le coach de l'Américaine, Brad Gilbert, a enchaîné sur la prise préférentielle de ce joueur pas comme les autres, agrippé au circuit et aux fulgurances qui lui restent. La 3e mondiale n'était pas née quand le Biterrois, alors adolescent, a fait son entrée dans le grand tableau de Roland-Garros en 2002. Depuis, seules deux éditions se sont ouvertes sans lui : 2008, pour laquelle il était blessé, et 2009, lors du fameux épisode cocaïne. Cette année-là, il avait même interdiction de pénétrer dans l'enceinte. « D'autant plus ridicule, dit-il a posteriori, que je n'avais aucune envie de venir voir les matchs. »
Dans le rétro s'affichent donc 20 participations. Autrement dit, son premier tour face au Croate Borna Coric aujourd'hui lui permettra d'égaler le record de Feliciano Lopez. À ceci près qu'il a gagné à Paris 17 matchs de plus que le retraité espagnol. Sa dernière danse, il l'espère pour l'édition 2025 mais sait l'horizon flou : « J'aurai 39 ans, ça fait beaucoup. » À l'heure de mettre pied à terre, il a surtout conscience que LE grand Roland-Garros manque à l'appel, lui qui a vécu au loin trois demi-finales de Grand Chelem (Wimbledon 2007 et 2015, US Open 2013) en 72 participations. « Ici, j'ai été sorti deux fois par Djokovic, trois fois par Nadal et Murray. C'était mon plafond. Bon, j'ai perdu en faisant quelques merdes aussi. » On a préféré ne pas s'y attarder quand on a demandé à l'ex-numéro 7 mondial, désormais 124e, de poser son regard sur quelques photos, comme autant de tranches de vie parisienne. Ici, c'est Richie.