Cancer : Lyonbiopôle et le Clara veulent aller plus loin
Marie-Annick Depagneux
Marie-Annick Depagneux
Le rapprochement entre le Clara (cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes) et Lyon biopôle (pôle de compétitivité), effectif depuis début 2013, de par la volonté politique, - non sans quelques remous à l'époque - est jugé très satisfaisant par les parties concernées.
« Ce dispositif d'adossement est unique en France et pourrait être imité par d'autres. C'est une opération gagnante/gagnante pour les forces entrepreneuriales et académiques. Cette mise en commun améliore la visibilité de la filière en oncologie et par la même de la santé », s'est félicitée Véronique Trillet-Lenoir, présidente du comité de direction du cancéropôle et, par ailleurs, cancérologue à l'hôpital Lyon Sud, lors d'une conférence de presse ce mardi.
« Cette union a un peu surpris au départ mais elle avait une logique : faire converger les pratiques d'émergence des projets par un programme d'animation coordonné », a renchéri Florence Agostino-Etchetto, directrice de Lyonbiopôle. « La démarche rapproche les projets de recherche, des patients ». L'objectif est d'aller plus loin, désormais, dans « le déploiement d'activités de recherche clinique » en ne se limitant plus aux grands CHU et établissements spécialisés. Dans le cadre d'un grand projet, qualifié de structurant, seront recensées les compétences cliniques des quelque 200 à 250 centres traitant les pathologies cancéreuses dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. La mise en œuvre est prévue sur 12 mois avec l'ambition d'accroître le nombre d'essais cliniques sur le territoire régional et de le rendre plus attractif encore pour des start-up.
Le levier de la formation est également utilisé pour renforcer la filière. Est ainsi annoncée la création d'une école de cancérologie Auvergne-Rhône-Alpes, présentée comme un campus hors les murs, ou encore un réseau, en s'appuyant sur les établissements universitaires, membres du Clara. « Un décloisonnement entre la formation, la recherche et l'emploi s'est révélé nécessaire. L'oncologie est pourvoyeur de nouveaux métiers alors que dans le même temps des chercheurs ont des difficultés à trouver des postes », sans s'expatrier, a justifié Véronique Trillet-Lenoir. Ainsi des thèses d'oncologie en entreprise vont être développées. Et des masters infirmiers voient le jour pour aller vers « des pratiques avancées, à l'anglo-saxonne».
Avec 3 projets déjà labellisés par Lyonbiopôle et 2 par le Clara, iDD biotech, jeune pousse éclose en 2008, et logée chez Accinov (plateforme accueillant des sociétés innovantes), est bien placée pour apprécier les avantages de la coordination entre ces deux dispositifs : gain de temps, simplification. De plus, « la chaine de valeur s'est enrichie », témoigne Claudine Vermet-Desroches, co-fondatrice et directrice R & D de la biotech comptant 14 collaborateurs. Et Gliadys (budget : 4,9 millions euros), un des programmes pilotés par cette start-up, illustre comment une collaboration étroite avec le Pr Jérôme Honnorat et son équipe clinique (hôpital neurologique) a permis de valider l'efficacité in vitro et in vivo d'un prototype de bio-médicament pour le traitement des tumeurs solides du système nerveux (gliomes malins), au bout de 3 ans.
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Le relai pour poursuivre le développement de cet anticorps (essais cliniques...) sera pris par Glenmab, groupe danois ayant acheté la licence, en mars 2015, en s'engageant à verser à iDD biotech « plus de 100 millions d'euros » sous forme de paiements par étape (milestones). « C'est notre premier contrat significatif et nous voulons nous développer sur la base de ce premier succès », précise Paul Michalet, président du directoire. La société qui a précédemment levé 4 millions d'euros de capitaux (auprès notamment de personnes physiques et d'industriels) cherche à collecter 5 millions d'euros supplémentaires sur 2016. Elle s'est lancée dans un nouveau projet avec le Centre Léon Bérard dirigé contre la protéine CK8 externalisée pour le traitement des cancers colo-rectaux *. Avec à la clé l'ambition de réussir à effectuer le développement clinique dans la région.
*Ce projet figure parmi les 20 produits et services d'avenir en oncologie soutenus par Preuve du concept Clara et FUI Lyonbiopôle. Citons également Kallistem (fabrication de spermatozoïdes in vitro), Erytech Pharma (molécules thérapeutiques contre la leucémie), EDAP TMS (ultra-sons ciblés contre le cancer de la prostate), Medimprint (qui révolutionne les biopsies traditionnelles) etc.
La collaboration en chiffres
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