Horlogerie suisse : la mécanique s'enraye
Samuel Maïon-Fontana
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Samuel Maïon-Fontana
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Opaque. Telle est l'impression que donne le milieu de l'horlogerie suisse lorsqu'on cherche à l'appréhender. Certes, de nombreux chiffres circulent. Et ils ne sont pas bons. Mais le verrouillage qui s'opère quand il s'agit de parler de l'économie actuelle du secteur est édifiant. "Nous n'avons pas le droit de répondre sur ces thématiques", s'excusent certains. D'autres laissent lettres mortes les demandes d'entretien ou éconduisent les sollicitations. Les témoignages, pesés et abattus, se feront sous couvert d'anonymat. "Dans ce petit monde, tout se sait et peut vite devenir préjudiciable."
Une forme d'omerta pour une industrie qui affichait un chiffre d'affaires de près de 50 milliards d'euros par an, et pour laquelle la Suisse fait office de principal moteur, avec environ 50 % de la production mondiale. Il faut dire que le marché, après des envolées spectaculaires et des taux de croissance atteignant jusqu'à 10 % par an, essuie désormais un sérieux ralentissement qui se chiffre en milliards de francs suisses de perte et en millions de montres invendues. Alors que la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) publie des rapports qui trahissent une chute des exportations plus importante encore qu'anticipée, les géants confirment à leurs actionnaires l'ampleur d'une crise désormais solidement installée.
Les indicateurs sont loin d'être au vert : certains leaders perdent plus de 30 % de leur valeur boursière depuis un an et le groupe Swatch (la plus importante société d'horlogerie du monde, regroupant Omega, Tissot, Longines, etc.) annonce des ventes inférieures de plus de 10 % à celles enregistrées un an plus tôt, ainsi qu'un bénéfice net en chute de 50 à 60 %. "Les ventes sont en berne", résume un acteur du marché. Et tous les segments sont touchés, même si la gamme 500 - 3 000 CHF (460 - 2 700 euros) reste la moins affectée par la tendance générale.
À lire également
Les livraisons à l'étranger de montres suisses sont au plus bas depuis 2009 et certaines marques ont subi une baisse de 30 % selon les marchés où elles sont le plus présentes. L'Europe, qui représentait la dernière poche de croissance, s'est détériorée et l'Italie a connu la plus forte baisse le semestre dernier avec - 20,9 % (104,3 millions de francs suisses ou 95 millions d'euros).
Samuel Maïon-Fontana
PFAS : la redevance sur les rejets aqueux est désormais suspendue au budget 2026
Face à la concurrence du Mercosur, les éleveurs du Cantal veulent préparer l'avenir
Malgré des vendanges moins volumineuses, le Beaujolais garde le cap
Matériaux stratégiques : Ferroglobe va suspendre sa production de silicium en Europe