Auvergne : Les Esat veulent devenir des acteurs économiques majeurs
Sonia Reyne
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Né de la volonté de l'Arespta (Association des Responsables et de Services de Travail Protégé en Auvergne), le réseau Esat en Auvergne se structure, et entend ainsi affirmer son rôle d'acteur socio-économique incontournable au sein de la région. "Cette démarche fondatrice va renforcer l'attractivité de nos structures en valorisant nos savoir-faire auprès des entreprises, des collectivités et des particuliers. Nous voulons également développer les compétences professionnelles des travailleurs en situation de handicap et changer l'image du travail protégé avec les partenaires socio-économiques", explique Sylvie Babut-Desnoyer.
Réparti dans une trentaine de villes en Auvergne, ce réseau rassemble 41 établissements et services d'aide par le travail et fait travailler 2 500 personnes en situation de handicap. Le chiffre d'affaires cumulé des Estat représente environ 25 millions d'euros. Plus de 3 000 entreprises et collectivités locales et quelque 2 500 particuliers collaborent chaque année avec les Esat Auvergnats. Anciennement appelés CAT, la qualité de prestation, la force de proposition et la rapidité d'exécution de ces établissements font leur force.
"Nous n'avons pas besoin de chercher de clients, je refuse même parfois des contrats", reconnaît David Maloine, directeur de l'Esat Pierre Doussinet à Romagnat (63). "Nous mettons un point d'honneur à satisfaire nos clients. Nous sommes compétitifs sur des travaux de niche." L'établissement qu'il dirige est le seul Esat de l'association La Croix-Marine Auvergne Rhône-Alpes. Il emploie 101 équivalent temps plein encadrés par 20 salariés. "Nous avons un agrément pour accueillir un nombre de personnes défini. Donc nous ne recrutons pas en fonction des marchés décrochés", explique-t-il.
Outre l'intention éthique et l'inclusion sociale, les clients de l'Esat ont un intérêt fiscal à faire travailler ce type d'établissement. La sous-traitance ne se substitue pas à l'embauche de personnes handicapées. Mais elle permet de la satisfaire jusqu'à 50 %. Autrement dit de réduire de moitié la contribution à l'Agefiph pour les entreprises qui n'emploient aucune personne handicapée.
Sonia Reyne