AS Saint-Étienne : Un club, deux présidents
Romain Charbonnier
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Il évolue dans les couloirs du stade Geoffroy-Guichard depuis l'épopée des Verts. Supporter de la première heure, Roland Romeyer a fait du club sa seconde maison, voire sa principale, diront ceux qui le côtoient. Chef d'entreprise, installé en Haute-Loire, il vit un rêve de gosse depuis qu'il occupe le poste de président du directoire de la SASP AS Saint-Étienne. Entré d'abord comme sponsor, « ici, il est chez lui ». À son aise.
Il fréquente régulièrement les anciennes gloires, connaît parfaitement le territoire, dispose d'un contact facile avec les élus, supporters et notables. Accent prononcé, affable, Roland Romeyer est la caution locale d'un club qu'il a toujours admiré. « C'est un Vert de Vert », remarque Alain Martin, ami de longue date et membre du conseil de surveillance. « Contrairement à Bernard Caïazzo, charmeur, urbain et businessman, Roland Romeyer est le label stéphanois. Il met les mains dans le cambouis dans les affaires courantes du club », décrit abruptement Claude Chevally, correspondant de L'Équipe à Saint-Étienne de 1976 à 2011.
L'homme est apprécié du peuple vert pour son engagement et, comme ce dernier, « il ne supporte pas que l'on dise du mal du club », se souvient l'ancien entraîneur des jeunes Abdel Bouhazama. Au-delà du supporter qu'il est, Roland Romeyer est « plus intelligent et stratégique qu'il n'y paraît », rapporte-t-on. « Il a toujours su se placer dans son intérêt », explique une source. Ce qui lui réussit.
Il a ainsi pris la présidence du directoire alors même qu'il ne disposait que de 22 % du capital (44 % Bernard Caïazzo), grâce à une combinaison bien huilée, un réseau et des soutiens nombreux notamment au sein de l'association ASSE (12 % des parts du club). « Ce n'est pas un enfant de cœur », annonce un ancien cadre du club. Un caractère qui lui a sans doute permis d'atteindre les sommets, dont il n'est pas près de vouloir descendre, conciliant ainsi passion et pouvoir. « Mais jusqu'où cela peut-il mener ? », interroge Claude Chevally.
Romain Charbonnier
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