Patrick Linder : « Nous pouvons produire en France car nos usines sont des Formule 1 »
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Vous venez de lancer la commercialisation d'une nouvelle innovation, un rideau dépolluant. L'innovation est-elle une priorité dans votre entreprise ?
C'est indispensable. Surtout dans notre secteur d'activité. Nos produits sont copiés dans les 9 mois maximum après leur sortie par les concurrents asiatiques. Nous devons créer sans cesse et aller très très vite dans nos innovations. Dans ces conditions, le fait d'avoir une production complètement intégrée, du tissage à l'ennoblissement, est un atout majeur. Nous pouvons faire nos tests rapidement, sortir les coloris adéquats au bon moment etc.
Il y a moins de 5 ans, votre entreprise était en difficulté. Vous aviez même dû mettre en œuvre un PSE et regrouper vos usines. Avez-vous aujourd'hui les moyens de cette politique forte d'innovation ?
Pour être tout à fait transparent, les budgets créations sont probablement les seuls à ne pas avoir été resserrés, car ils sont ultra stratégiques. Sans création, nous sommes voués à la mort. Nous sortons une centaine de nouveaux produits chaque année.
Ceci étant dit, après être passé brutalement de 40 à moins de 20 millions d'euros de chiffre d'affaires à cause de la perte de plusieurs gros marchés, nous sommes aujourd'hui en phase de redressement, nos résultats sont équilibrés. Nous avons réussi à sortir la tête de l'eau et nous remontons la pente.
Vous êtes en phase de remontée mais vous êtes un des derniers fabricants européens. Est-ce vraiment encore possible d'être rentable en France, sur votre secteur d'activité ?
Bien sûr, notre bilan est là pour le prouver. Mais à condition d'avoir des usines Formule 1. Nos usines doivent tourner en non-stop. Cela signifie que le management est rigoureux et que nous sommes très attentifs à nos approvisionnements. Hors de question d'avoir des fils qui cassent et bloquent les machines pendant plusieurs heures. Cela signifie aussi que nous surveillons de près les gains de productivité possibles.
Stéphanie Gallo Triouleyre