Mariage Spartoo-André : des négociations annuelles s’ouvrent sous tension
Marie Lyan
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Boutique Spartoo Grenoble
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Annoncée début 2018, la cession des magasins André au géant de la vente en ligne de chaussures Spartoo se sera finalement clôturée loin des micros, en juillet dernier. Car depuis l'annonce de cette reprise au printemps, le silence est de mise du côté de la société Spartoo, qui s'est refusée jusqu'ici à tout commentaire.
Alors que cette opération devait toutefois permettre au pure-player grenoblois de 400 salariés d'atteindre le seuil des 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'intégration des quelque 700 nouveaux salariés et 120 boutiques d'André constituait un défi de taille pour le géant du e-commerce. Son pdg, Boris Saragaglia, avait d'ailleurs annoncé qu'il se préparait à investir "10 à 15 millions d'euros" dans les trois à cinq prochaines années à venir en vue de moderniser une cinquantaine de magasins de la marque et d'y intégrer notamment un nouveau système informatique.
Cependant, quelques mois plus tard, le dialogue social semble encore tendu entre les deux entités. Alors que les boutiques André s'intègrent peu à peu au réseau de son repreneur, notamment à travers l'installation et l'intégration des logiciels de caisse, les représentants des salariés parlent d'un climat social délicat.
A l'heure même où s'ouvrent les NAO, qui devaient débuter début janvier, les attentes sont plus que jamais fortes :
Et les premiers signaux envoyés par la nouvelle direction auraient même jeté un froid : d'après Christophe Martin, délégué syndical à la CGT (le syndicat majoritaire chez André), la direction de Spartoo aurait remis en cause l'ensemble des accords sociaux en vigueur dans l'entreprise, signés par l'ancienne direction.
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"La loi stipule que la nouvelle direction a la possibilité de dénoncer les accords qui n'avaient à l'époque pas été signés par les deux parties. C'est donc ce que Spartoo a fait en septembre dernier, avec une prise d'effet au 1er janvier 2019". Une démarche qui conduirait selon lui à retirer du pouvoir d'achat aux salariés : "André a été repris, mais toutes les primes et avantages vont être moindres. La direction vient de dénoncer les primes de remplacement, qui font qu'un vendeur qui remplace un responsable de magasin ne touchera plus 25 euros de prime journalière, comme c'était le cas auparavant, pour assumer de plus grandes responsabilités", indique Christophe Martin.
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