"Le système n’est pas favorable aux startups industrielles" (Eléonore Blondeau, CleanCup)
Stéphanie Gallo Triouleyre

Photo d'illustration
DR
Stéphanie Gallo Triouleyre

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Le regret est perceptible, l'émotion réelle, mais Eléonore Blondeau garde la tête haute.
Diplômée de l' emlyon business school et formée à la comptabilité/gestion, elle avait fondé CleanCup fin 2015 avec un créneau : la fabrication de machines destinées à collecter, laver et redistribuer sur place des verres réutilisables dans les entreprises, campus et collectivités.
Après deux ans de R&D, financés notamment par les nombreux concours et subventions remportés, elle avait convaincu plusieurs grands comptes et avait installé en 2018 ses premières machines : Métropole de Lyon, SNCF, Air Liquide, Nestlé, Assystem... Début 2019, elle était entrée dans une nouvelle phase, celle de la pré-industrialisation. Une phase nécessitant une levée de fonds de 3 millions d'euros.
Devant l'urgence, elle a donc décider de se lancer seule et a enchaîné les rendez-vous pendant trois mois avec des financiers et des fonds d'investissement à impact.
"Ils ont tous semblé intéressés au premier abord mais aucun n'a donné suite. Je ne représentais pas une startup digitale, cette levée de fonds n'était pas destinée à financer du marketing ou de la communication. Je ne correspondais pas aux critères des financiers en face de moi", souffle la jeune entrepreneure.
"Or, j'avais besoin de cet argent pour lancer la pré-industrialisation et honorer ces commandes... Deux fonds auraient pu se lancer mais ils exigeaient qu'un industriel participe aussi au tour de table. D'une part, ce n'était pas mon projet à l'époque et d'autre part, cela aurait êté beaucoup trop long, nous n'avions plus le temps".
Elle assène :
La fondatrice de CleanCup reconnait néanmoins ses points faibles.
CleanCup a finalement été liquidée fin octobre, et reprise par le groupe Proplast, via sa filiale stéphanoise GreenCup qu'il avait rachetée en 2017. Avec 650 salariés et un chiffre d'affaires de 165 millions d'euros, Proplast avait également acquis, sur le même secteur d'activité, Ecocup en 2018, Cup to drink et Green Gobelet. Il détient par ailleurs Nutripack et Mecapack sur les métiers du conditionnement.
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Trois des six salariés de CleanCup n'ont pas souhaité suivre le mouvement. La capitaine du bateau, Eleonore Blondeau, poursuit, elle, l'aventure avec Proplast en tant business developer. Malgré les regrets, elle tire un bilan positif de l'aventure.
Stéphanie Gallo Triouleyre