Coworking, proworking : des alternatives pour loger ses équipes
Marie Lyan

Wojo compte plusieurs espaces de coworking en France, dont 2 à Lyon.
DR
Marie Lyan

Wojo compte plusieurs espaces de coworking en France, dont 2 à Lyon.
DR
Sous-louer un poste de travail, ou même un plateau de bureaux. Qu'il s'agisse de grands groupes, de PME ou de TPE, les entreprises ont désormais tendance à opter pour des formules de coworking ou de sous-location de bureaux lorsqu'elles doivent planifier la mobilité de leurs salariés. Romain Rostagnat, à la tête de la plateforme lyonnaise d'avantages à destination des salariés Club Employés, s'est lancé dans le partage de bureaux dès la création de sa société, il y a deux ans.
Résultat : Club Employés a ainsi pu changer trois fois de locaux, à mesure que ses équipes sont passées de 2 à 25 salariés, tout en calculant son budget au plus serré, avec un prix fixé par poste de travail.
Alors qu'à Paris, on ne compte plus les initiatives impulsées par de grands noms du secteur (WeWork, Kwerk, La Ruche, etc.), le marché s'avère aussi très dynamique en Auvergne-Rhône-Alpes, à commencer par Lyon, qui offre près d'une cinquantaine de lieux de coworking, mais aussi des centres urbains tels que Grenoble, Saint-Etienne, ou Clermont-Ferrand.
L'offre, très large, va des cafés-coworking aux espaces de grande taille (MorningCoworking, Wojo, etc), en passant par les centres d'affaires comme Regus, qui tentent de saisir la vague en lançant une franchise dédiée. Sans oublier les formules proposées par des incubateurs, pépinières, fablabs et autres tiers-lieux.
La startup Wojo, une joint-venture entre Accor et Bouygues Immobilier, s'apprête quant à elle à mettre en place une nouvelle formule, proposant un large choix d'espaces de travail urbains labellisés (gares, hôtels partenaires, etc), contre un abonnement mensuel pour les entreprises. Son Ceo, Stéphane Bensimon rappelle que, bien que le marché du coworking ne représente encore que 1% de l'ensemble de l'immobilier de bureau en m2, sa croissance s'est multipliée par dix au cours des quatre dernières années pour atteindre 600 espaces à l'échelle de l'Hexagone.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Avec huit espaces à Paris et deux à Lyon, Wojo a déjà quatre nouveaux sites en projet, dont un à Barcelone. Des lieux qui tendent désormais à accueillir, en plus des freelances, une proportion non négligeable de salariés.
"Des entreprises arrivent chez nous pour héberger quelques salariés, et finissent même parfois par y installer leur siège. Elles se rendent vite compte des charges supplémentaires que représenteraient la gestion du ménage, des consommables, de la réparation de l'imprimante qui ne marche pas", observe Mathieu Genty, cofondateur de Cowork in Grenoble, dont la clientèle est composée pour moitié de salariés.
En plus d'un environnement souvent jugé favorable au bien-être de leurs collaborateurs, un autre chiffre pourrait bien interpeller les employeurs. D'après une étude commandée l'an dernier par le loueur de bureaux Regus, le business du coworking pourraient générer 123 milliards d'euros de revenus potentiels d'ici 2030 en France, à travers des gains de productivité, une optimisation des coûts, ainsi que les recrutements de jeunes talents permis par ce mode de travail.
Un constat qu'ont bien compris les acteurs du marché, qui proposent aussi des alternatives comme la sous-location de bureaux, ou encore le "pro-working", une nouvelle formule comprenant des espaces fermés plus confortables et personnalisables.
Après avoir lancé quatre espaces à Paris et Marseille, la jeune pousse Wellio, propriété de l'opérateur immobilier Covivio, devrait bientôt débarquer à Bordeaux, Milan puis Lyon (en 2021), en ciblant en particulier les grands comptes.
La jeune pousse propose donc des services et des espaces partagés comme des salles de réunion ainsi que des bureaux fermés.
"Nous offrons un lieu dans laquelle les marques peuvent développer leur propre culture, tout en partageant des espaces de convivialité". Un pari qui lui a permis d'attirer 70% de grands comptes au sein de sa clientèle.
En allant de pair avec la gestion "flex-office" en vogue au sein des grands groupes, ces pratiques ont pour effet de réduire le nombre de salariés présents en continu au bureau. Quant à penser qu'elles pourraient même avoir un effet durable sur le marché de l'immobilier de bureaux, il n'y a parfois qu'un pas...
Le tout, en transformant le visage des villes : "Nos espaces se situent à proximité des hubs de transports et des quartiers d'affaires qui se développent, ce qui nous permet d'attirer des entreprises dans ces nouveaux lieux", souligne Céline Leonardi.
Chez Wojo, Stéphane Bensimon fait le pari que cette offre n'est pas un effet de mode.
Alors que la relation à l'entreprise dans sa globalité n'a de cesse d'être questionnée avec l'arrivée des nouvelles générations, l'essor des tiers-lieux et espaces de coworking peut-il avoir un impact sur le lien émotionnel qui se tisse entre un salarié et une entreprise, voire, plus largement, sur la souffrance au bureau ?
Pour Cécile Peghaire, responsable de la communication du groupe Bureaux à Partager (BAP), nul doute que "ces modes de travail ont un impact sur le lien avec l'entreprise, car ils instaurent des valeurs de confiance et d'objectifs à atteindre, plutôt qu'un management présentiel".
Pour pallier à l'éloignement, cette dernière observe que les managers ont ainsi tendance à mettre sur pied des événements afin de rassembler leurs équipes et de conserver le sentiment d'appartenance.
Celle-ci rappelle que des recherches récentes démontrent que la présence de tiers-lieux permettrait ainsi de réintroduire une plus grande satisfaction et engagement des salariés au travail.
Si plusieurs grands groupes utilisent le coworking pour doper leur innovation en s'ouvrant vers l'extérieur, cela peut aussi avoir un effet sur la culture développée en interne, à certaines conditions.
Marie Lyan
PFAS : la redevance sur les rejets aqueux est désormais suspendue au budget 2026
Face à la concurrence du Mercosur, les éleveurs du Cantal veulent préparer l'avenir
Malgré des vendanges moins volumineuses, le Beaujolais garde le cap
Matériaux stratégiques : Ferroglobe va suspendre sa production de silicium en Europe