Dans la Loire, deux PME transforment leur modèle pour survivre au Covid-19
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Après la stupeur, vient le temps de la réaction. Face à la crise économique générée par le contexte sanitaire, de nombreuses entreprises ont bousculé leurs habitudes. Dans la Loire, les PME Henitex et TCMS ont toutes les deux choisi l'innovation comme voie de résilience. Et mieux encore, comme voie de rebond, après une tendance dégradée dans leurs secteurs respectifs ces dernières années.
Une nouvelle stratégie qui vient faire évoluer en profondeur leur modèle : la première, Henitex, développe un masque de protection innovant muni d'une puce RFID grâce à son expertise de PME issue de l'industrie textile. La seconde, TCMS, connue pour ses qualités d'ensemblier, a mis au point une borne de distribution XXL de gel hydroalcoolique. Il s'agit de son premier produit propre.
Créée en 1987, puis reprise en 1996, Henitex est spécialisée dans la fabrication de tissus maille sur métiers circulaires de grand diamètre. La PME de 40 salariés, basée dans le nord de la Loire avait repris, au cours des dernières années, plusieurs entreprises en difficulté : Tricotage Roux, Vivamaille, MCF et Bel Maille.
Pour survivre dans un contexte concurrentiel difficile, elle avait choisi de se concentrer sur le créneau plus porteur du Made in France et sur le haut de gamme. "Nous étudions aujourd'hui de nouvelles pistes : le coton bio et la traçabilité notamment". Pour autant, Christian Schmitt, son dirigeant, dresse un sombre bilan des dernières années de son entreprise, avec un chiffre d'affaires jusqu'ici "en régression lente et inexorable depuis quinze ans", soit "depuis que les donneurs d'ordre de la mode sont allés se fournir à l'étranger". Il atteignait 5,2 millions d'euros en 2019, pour un résultat net de - 165.000 euros.
Mais Henitex s'est mobilisée en urgence au printemps dernier pour mettre au point un modèle de masques résistant à 100 lavages. Elle en a vendu plus de 4,5 millions d'exemplaires, dont la moitié en direct et l'autre moitié via la marque Tricots Saint-James. Résultat : un chiffre d'affaires sur le premier semestre 2020 de près de 15 millions d'euros, soit presque trois fois plus en six mois que sur toute l'année 2019. Mais comme pour les autres entreprises qui avaient produit des masques dans l'urgence (Tissages de Charlieu, Sigvaris, Thuasne, Boldoduc, Aj Biais etc), la demande s'est tarie brutalement avec le retour des cargaisons de masques venus de Chine.
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Stéphanie Gallo Triouleyre
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