DECRYPTAGE. Le transformateur auvergnat de matériaux stratégiques Aubert & Duval, subit de plein fouet les répercussions de la crise sanitaire, et notamment du marché aéronautique. Une rumeur persistante sur un possible désengagement de sa maison-mère, le groupe minier et métallurgique français Eramet, inquiète. Avec, parmi les perspectives évoquées, l'éventualité d'une reprise par Airbus, Safran et Ace Aéro.Avec des prévisions d'activités en baisse de 30 à 40 % sur les prochaines années, le transformateur auvergnat de matériaux stratégiques Aubert & Duval fait l'objet de rumeurs récurrentes. L'entreprise, qui travaille pour l'industrie aéronautique, médicale, nucléaire mais aussi pour la défense nationale, reste le deuxième employeur privé dans le Puy-de-Dôme, après Michelin. Le site des Ancizes, situé au Nord-Ouest de Clermont-Ferrand, emploie 1.500 salariés et depuis juillet, les contrats de 300 intérimaires ou prestataires n'ont pas été renouvelés.
La chute drastique du premier semestre, entraînée par le premier confinement a plombé la trésorerie de cette filiale d'Eramet. "Le premier objectif a été de corriger la consommation excessive de trésorerie", précise le groupe. "Toutes nos équipes ont été mobilisées pour corriger cette trajectoire", confirme Olivier Drevon, directeur Long and Forged Products chez Eramet. L'impact de la crise est violent, brutal, car 70 % du CA provient de l'aéronautique.
"Notre chiffre d'affaires sur le segment aéronautique recule de 31 % au 3e trimestre 2020, et de -21 % en cumulé sur les neuf premier mois de l'année", développe Jérome Galy-Dejean, directeur de la communication d'Aubert & Duval.
Avec près de 13.000 collaborateurs dans une vingtaine de pays, la maison-mère Eramet affiche un chiffre d'affaires d'environ 4 milliards d'euros en 2019. Sa filiale Aubert & Duval compte quant à elle 14 sites industriels, dont sept en France ainsi que deux joint-ventures, et emploie 4.000 salariés pour 642 millions d'euros de chiffre d'affaires enregistré l'an dernier.
La Région propose une aide sous conditions
Aujourd'hui, plusieurs élus se portent au chevet d'Auvert & Duval. Laurent Wauquiez a rencontré ce jeudi la direction et les syndicats. Il s'y est même engagé : "La Région se portera au secours d'Aubert et Duval, avec des outils pour soutenir l'investissement, des fonds pour la formation."