Bataille à couteaux tirés chez les fabricants artisanaux ... de couteaux. Deux initiatives concurrentes se sont lancées dans une démarche auprès de l'Institut national de la propriété industrielle. Car l'IG Couteau Laguiole, véritable propulseur économique, permettrait aux couteliers de continuer à tirer leur épingle du jeu.Lutter contre la concurrence asiatique et protéger le couteau Laguiole, telle est depuis sa création en 2015, la volonté affirmée de l'association CLAA (Couteau Laguiole Aubrac Auvergne).
L'association réunit 40 professionnels laguiolais et thiernois impliqués dans la fabrication du couteau Laguiole. Dans ce cadre, elle s'est lancée dans une démarche pour déposer auprès de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle), une IGPIA (Indication Géographique appliquée aux produits Industriels et Artisanaux) "Couteau Laguiole", commune à ses deux territoires de fabrication du Laguiole, à savoir l'Aubrac (la région de Laguiole) et l'Auvergne (le bassin de Thiers).
De son côté, le Syndicat Aveyronnais du Couteau de Laguiole, créé en 2014, qui rassemble sept entreprises sur la commune de Laguiole, a déposé une demande d'IG auprès de l'INPI en novembre 2020. Elle est toujours en cours d'instruction.
C'est pour contrer cette démarche, qui exclurait de fait les couteliers Thiernois que Le CLAA travaille d'arrache pieds. "L'IG commune qui a pour objectif de révéler la réalité de la fabrication du couteau Laguiole. Car les documents et faits historiques démontrés prouvent qu'il n'appartient ni à l'un ou l'autre de ces territoires, mais bien aux deux.
Cette demande d'IG "Couteau Laguiole" sera déposée dans les semaines qui viennent auprès de l'INPI, précisait alors Aubry Verdier, président du CLAA.
"Rétablir la vérité", et songer à l'avenir de la filière
A travers cette démarche, l'association Thiernoise souhaite "rétablir la vérité" autour de l'histoire du Laguiole et montrer que cette filière, créatrice d'emplois, est tournée vers un avenir commun.
"Les territoires de Laguiole et Thiers sont indiscutablement liés depuis plus de 150 ans dans une même aventure humaine, une aventure concrétisée dans un bien à l'origine partagée, porteur d'un savoir-faire coutelier unique. Un bien qui, en vérité, n'appartient ni à l'un ni à l'autre mais bien aux deux territoires", plaide Aubry Verdier, président du CLAA et sixième génération de couteliers.