ENTRETIEN. En pleine pandémie, la startup Agicap vient de lever 100 millions de dollars en fin de semaine dernière, signe que le pilotage de la trésorerie des PME et TPE est, plus que jamais, devenu un enjeu. Un montant qui fait aussi d'elle une future licorne du logiciel, avec de grands changements d'échelle à opérer. L'occasion, pour l'un de ses trois cofondateurs, Sébastien Beyet, de se confier sur une croissance à marche forcée.LA TRIBUNE - Alors que des centaines de startups piétinent pour lever quelques centaines de milliers d'euros, Agicap semble naviguer quant à elle sur des courants très porteurs... Avec 2,4 millions d'euros levés en 2019, 15 millions au printemps 2020 et désormais 100 millions de dollars la semaine dernière, comment expliquer une telle facilité de votre côté ?
SEBASTIEN BEYET - Effectivement, avec mes deux associés, Lucas Bertola et Clément Mauguet, nous avions créé Agicap en 2016 sur un constat : la trésorerie est le nerf de la guerre pour les entreprises. Nous avions interrogé à ce titre des centaines d'entrepreneurs, qui nous expliquaient qu'ils adoraient leur métier, qu'ils savaient comment bien le faire, mais qu'ils avaient toujours cette crainte de ne pas pouvoir payer leurs salariés ou leurs fournisseurs.
Ce sujet de la trésorerie a toujours été une préoccupation importante au sein des entreprises. Mais avec la crise Covid, brutale et soudaine, il est devenu la priorité absolue.
Nous étions en réalité déjà en croissance forte avant mais désormais, la traction marché est incroyablement puissante.
Rien que cette dernière année, nous avons avancé deux fois plus vite que ce que nous avions prévu. Nous pensions passer, en l'espace de 12 mois, de 30 à 100 collaborateurs. En réalité, nous sommes déjà 200, dont 150 à Lyon... Nos revenus ont été multipliés par dix en 18 mois (mais le montant demeure confidentiel, ndlr).
Vous avez donc décidé d'aller de nouveau chercher des fonds, plus tôt que prévu ?
Nous n'avons pas eu besoin de convaincre des investisseurs, en réalité, car nous avions même été contactés à ce sujet à plusieurs reprises. Nous avons dit banco et en l'espace d'une semaine, c'était signé.
Stéphanie Gallo Triouleyre