Le futur est dans l’agroécologie
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Au commencement de l'agroécologie était la science. Le terme est employé pour la première fois en 1928 par Basil Bensin, un chercheur américain qui entend appliquer les méthodes écologiques à l'agronomie. Dans les années 1960, des précurseurs s'emparent du concept pour forger des pratiques agricoles novatrices et impulser ce qui va devenir à l'orée du XXIe siècle un mouvement social globalisé.
Ce paysan-écrivain français d'origine algérienne est l'un des pionniers de ce nouveau "mot d'ordre planétaire" qui entend "par la revalorisation des ressources naturelles et locales", dit-il, libérer les cultivateurs de "la dépendance des intrants chimiques et des transports générateurs de tant de pollutions et responsables d'une véritable chorégraphie de l'absurde".
Au cours des années 1980, la rupture avec les modèles d'exploitation intensive, dits conventionnels, est consommée, mais reste confinée à un cercle d'initiés. D'autant qu'elle suscite la controverse, certains dénonçant un "reverdissement" superficiel, car doutant de sa capacité à réformer en profondeur.
Les années 2000 vont marquer un basculement plus large en faveur de cette idée de souveraineté alimentaire : dans la foulée du Grenelle de l'environnement, "l'agriculture est de plus en plus perçue en des termes péjoratifs. On assiste à un rejet croissant, et dans le même temps, à la montée en puissance du bio", retrace Christophe David, directeur exécutif et scientifique de l'Institut supérieur d'agriculture et d'agroalimentaire Rhône-Alpes (Isara-Lyon).
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