C'est un projet qui va, sans conteste, faire beaucoup parler de lui dans les prochains mois dans le département du Puy-de-Dôme. Deux réservoirs artificiels d'eau pourraient voir le jour d'ici trois ans à une vingtaine de kilomètres de Clermont-Ferrand. C'est en tout cas le souhait de 36 agriculteurs, répartis sur 15 communes de la vallée de Limagne, qui se sont rassemblés au sein de l'association syndicale libre des Turlurons.
Depuis quelques mois, ces retenues d'eau, qui servent à pomper et à stocker l'eau l'hiver pour irriguer les cultures l'été, se multiplient sur le territoire national, suscitant l'opposition d'habitants ou d'associations écologiques qui les qualifient de « mégabassines ». Le cas le plus emblématique est celui de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, décrié pour son impact environnemental. Les détracteurs dénoncent notamment une privatisation de l'eau par une minorité d'agriculteurs.
En Auvergne, les agriculteurs défendent, de leur côté, un projet vital, qui répond à un enjeu de souveraineté alimentaire. Ces bassines de 15 à 18 hectares pourraient leur assurer un meilleur approvisionnement en eau afin d'irriguer, l'été, 800 hectares de culture de maïs, tournesol ou encore d'ail (l'Auvergne assure, pour ce dernier, 5% de la production nationale). Avec un volume de 1,25 million de mètres cubes pour l'une (l'équivalent du volume d'eau de 500 piscines olympiques) et de 1,05 million de mètres cubes pour l'autre, cela en ferait les plus grosses retenues d'eau agricoles en France. Elles seraient situées sur les terres des agriculteurs, dans les communes de Bouzel et de Saint-Georges-sur-Allier, et seraient alimentées par la rivière voisine, l'Allier.