L'objectif a été fixé dans le cadre de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) : afin d'atteindre la neutralité carbone de la France en 2050, les émissions de gaz à effet de serre dues à l'agriculture, qui aujourd'hui représentent plus de 19% des émissions nationales, devront diminuer de 16% avant 2030. Pour le secteur, qui aujourd'hui est le deuxième émetteur de France (après les transports et à égalité avec l'industrie manufacturière), cela représente une baisse de 13 millions de tonnes équivalent CO₂ (Mt CO₂e).
L'élevage, qui pèse pour presque la moitié des émissions de l'agriculture, en raison essentiellement de la fermentation entérique et des déjections animales, mais aussi de la production et du transport des aliments destinés au bétail et à la volaille, joue un rôle fondamental dans le respect de cette trajectoire. Les points de vue s'opposent toutefois sur les efforts qu'il devrait consentir.
La réduction des cheptels, dite « décapitalisation », figure donc parmi les premières mesures pour réduire l'empreinte carbone de l'agriculture présentées par le ministère de l'Agriculture et le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) en juin. Mais alors qu'elle paraît insuffisante aux défenseurs de l'environnement, elle suscite la colère des éleveurs.