Qui est vraiment Limagrain, le 4e semencier mondial ?
Sonia Reyne
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Où s'arrêtera Limagrain ? Avec un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros, une présence dans 55 pays et 10 000 salariés, le groupe coopératif agricole, spécialiste des semences et des produits céréaliers, occupe la place de 4e semencier au monde. Et rien ne semble pouvoir le freiner, ce qui l'oblige à revoir sa stratégie régulièrement pour demeurer en course. Dès lors, afin de mieux valoriser la production de ses 2 000 agriculteurs adhérents, sécuriser et assurer leurs revenus, "Limagrain Coop entame une transformation de ses activités et fait évoluer son offre de services", annonce Jean-Yves Foucault, son président depuis 2011. Agriculteur éleveur, il est adhérent de la coopérative depuis 1989. Une réactivité, souligne celui qui est entré au conseil d'administration en 2000, qui fait partie de l'ADN de l'entreprise également "leader européen" en farines fonctionnelles et "premier" boulanger-pâtissier industriel français.
Le limogeage inattendu du directeur général Jean-Christophe Juilliard fin septembre 2016 (l'entretien qu'il avait accepté à Acteurs de l'économie-La Tribune quelques semaines avant cet événement permet ainsi de mieux comprendre la coopérative), témoigne d'ailleurs d'une réactivité assez brutale et d'une méthode rondement menée. Un an seulement après son arrivée, l'homme avait été écarté "suite à un désaccord sur les modalités d'application de la stratégie du groupe" et sera remplacé par Emmanuel Rougier.
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Depuis les années 1980, la coopérative d'agriculteurs à dimension internationale entend ainsi sécuriser son organisation dans une logique de filière pour se mettre à l'abri des fluctuations des cours mondiaux et des évolutions du marché, comme le rapprochement de Bayer avec Monsanto en 2016. Jean-Christophe Juilliard avait assuré que Limagrain "suivait avec attention ce grand jeu des acquisitions et des rapprochements. Une attention particulière qui répond à un souhait majeur : celui de ne pas être marginalisé. Au vu du montant des acquisitions, nous n'avons pas les moyens de peser dans ces batailles-là. En revanche, nous pouvons racheter, à la marge, des entreprises dont ces grands groupes se séparent".
Sonia Reyne
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