Bijoux Jean Delatour : comment la success-story est devenue obsolète
Marie-Annick Depagneux
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Se résoudre à la disparition de sa société, un crève-cœur pour un chef d'entreprise. Et plus encore lorsqu'elle a été créée par son père. Serge Fréty le directeur général des bijoux Delatour n'a pu éviter cette issue. Le 12 avril le tribunal de commerce de Lyon a prononcé la liquidation judiciaire des 25 filiales portant les 25 magasins en propre, tous fermés au cours des dernières semaines. Les 128 employés seront licenciés d'ici au début du mois de mai. Les 42 salariés du holding, dont dépendent en direct le siège, la logistique, les activités commerciales, seront, eux, licenciés fin mai, début juin. Et leur incompréhension est grande.
"Peut-être aurait-il fallu prendre des virages plus tôt", s'interroge Serge Fréty. Mais l'histoire ne se réécrit pas. Celle des bijoux Jean Delatour fut une "success story" observée par les acteurs du secteur. Il fallut de la détermination à Jean-Pierre Fréty, forain de métier, pour se lancer dans cette aventure commencée avec une première boutique au pied des tours des Minguettes à Vénissieux, banlieue à laquelle il est resté fidèle. Pour faire ses bijoux, il s'était allié à un professionnel lyonnais.
Les difficultés de l'entreprise, positionnée sur la joaillerie et horlogerie d'entrée de gamme et moyen de gamme, remontent à 2014. La juridiction commerciale lyonnaise ouvrait, en juin de cette année-là, une procédure de sauvegarde pour les sociétés qui n'étaient pas en cessation de paiement (60 % du périmètre) tandis que les autres (40 %) étaient placées en redressement judiciaire avec à la clef une restructuration. Faute de parvenir à enrayer la chute d'activité en interne, mandat fut donné, en juillet 2015, à un cabinet spécialisé en fusion/acquisition pour vendre la totalité du groupe
Marie-Annick Depagneux