Électricité : pourquoi la situation hivernale n'est pas (trop) à risque
Didier Bert
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"Oui il fait froid, mais nous sommes en janvier, et cela n'est pas exceptionnel", lance Olivier Baud, dont l'entreprise Energy Pool est basée au technopôle Savoie Technolac au Bourget-du-Lac (Savoie).
Cette société d'une centaine de personnes passe des accords avec des industriels pour réduire à distance le fonctionnement de leurs systèmes électriques, voire en arrêtant carrément certaines machines. Energy Pool verse une contrepartie financière aux industriels, et se rémunère auprès de RTE, qui trouve ainsi une flexibilité supplémentaire pour parvenir à équilibrer l'offre et la demande d'électricité dans le pays.
"Ce qui est exceptionnel c'est la conjonction de phénomènes simultanés", détaille Olivier Baud, citant la sécheresse unique dans les Alpes depuis 50 ans qui fait que les barrages sont à sec; la maintenance de plusieurs réacteurs nucléaires qui paralysent leur production; ainsi que l'anticyclone installé sur le reste de l'Europe qui minimise la possibilité de recourir à davantage d'importations d'électricité.
Pour M.Baud, la situation était bien pire en février 2012, quand le froid s'était installé durablement sur la France. Mais l'hiver n'est pas particulièrement inquiétant pour le réseau électrique, affirme-t-il.
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Les tensions sont bien plus inquiétantes durant les intersaisons, en avril-mai et en octobre-novembre, lorsqu'un événement imprévu survient, hors de toute prévision statistique. À partir de mars-avril, les barrages commencent à être bas. Les maintenances redémarrent. Les capacités de production se réduisent. Il suffit alors d'un coup de froid pour créer un risque réel de rupture. "Jusqu'à présent, nous avons connu nos plus grosses périodes de tension durant les intersaisons, et lors de grèves chez EDF", observe Olivier Baud.
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