La commune de Faverges-Seythenex (Haute-Savoie) a mis en service cet été la première centrale solaire en circuit court du département. Sur ce territoire, davantage habitué à profiter de l’énergie hydroélectrique produite par les barrages de montagne, cette initiative, basée sur un partenariat public-privé, ouvre la voie à de futurs développements et constitue une réponse innovante sur un territoire où le prix du foncier demeure l'un des plus élevés en France.En Haute-Savoie, il était jusqu'ici difficilement imaginable de déployer une centrale solaire, dont la conception nécessite d'importantes surfaces au sol, car les contraintes du relief et le coût du foncier représentent habituellement des obstacles considérables.
Or, la commune de Faverges-Seythenex, située dans la vallée reliant la ville d'Ugine au lac d'Annecy, s'est retrouvée avec un terrain inexploitable : une ancienne décharge municipale, certes recouverte d'une couche d'argile et d'une couche de terre, mais aussi inutilisable à des fins immobilières qu'agricoles.
Dans ce département en particulier, on connaît bien la valeur d'un terrain plat et bien exposé comme celui-ci, alors que les dénivelés occupent une grande partie du territoire, et que le prix du foncier - l'un des plus élevés en France avec la région parisienne et la Côte d'Azur - suscite les convoitises sur la moindre parcelle.
Une boucle locale dans la commune
C'est ainsi que la commune de 7.000 habitants a eu l'idée de mettre en place une centrale solaire sur ce terrain. L'ancienne municipalité a pour cela conclu un partenariat public-privé (PPP) avec l'entreprise Corfu Solaire, une filiale du groupe lyonnais Terre et Lac, lui-même spécialisé dans le domaine des énergies renouvelables, qui lui proposait de produire 2,5 mégawatts sur cette surface de trois hectares.
Résultat ? Le projet a abouti à la création d'une société conjointe, la CS La Fourche, dans laquelle 2,3 millions d'euros ont été investis, dont 55% par le privé et 45% par la commune. Le financement s'articule essentiellement autour d'un emprunt de 1,8 million d'euros, souscrit par la société conjointe, et qui sera remboursé par la commercialisation de la production solaire.
Deux mégawatts seront ainsi vendus pour être redistribués en énergie verte, tandis que 0,5 mégawatt seront consommés localement.
De leur côté, les résidents et entreprises qui le souhaitent peuvent adhérer à une boucle locale de consommation, Volt FaSe. A partir de ce mois de septembre, ils obtiendront la garantie de recevoir 20% de la production solaire locale au prix du fournisseur historique.