Le secteur de l'ESS face au défi du financement
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Si les dispositifs de financement de l'économie sociale et solidaire (ESS) s'améliorent et se diversifient, des difficultés d'accès au financement persistent, selon la taille, le secteur ou le stade de développement de l'entreprise. Tel est, en partie, le bilan dressé par la commission ESS France dans son rapport de mars 2017 portant sur le financement des entreprises de ce secteur.
Plus précisément, l'un des principaux obstacles que rencontrent les entrepreneurs sociaux dans l'accès à des fonds leur est intrinsèque : le "problème du financement des entreprises sociales est d'abord un problème de modèle économique", déclarait Arnaud Mourot, directeur général Europe d'Ashoka.
Devant allier rentabilité économique et recherche du progrès social, le modèle des structures de l'ESS est particulier car il doit répondre à une équation : s'adresser à des publics parfois en difficulté et peu solvables tout en s'assurant un revenu. Si bien que la rentabilité des entreprises sociales peut être limitée.
Aussi, quand une startup sociale cherche à lever des fonds au moment de son développement ou de son changement d'échelle, les éventuels investisseurs peuvent préférer se tourner vers d'autres jeunes pousses ou entreprises plus lucratives. "La difficulté la plus forte des entreprises sociales est qu'elles se positionnent dans un secteur marchand face à d'autres acteurs qui n'ont pas ces mêmes limites", estime Enora Guérinel, responsable accompagnement au sein de l'incubateur Ronalpia, dont la mission est de "détecter, accompagner les entrepreneurs sociaux à fort potentiel d'impact."
À lire également
Ces difficultés sont accentuées par le fait que le tiers-secteur, relativement jeune, est encore peu connu des financiers, qui peuvent se montrer frileux. "La particularité de ce secteur est que peu de modèles ont montré leur pertinence", explique Lena Geitner, directrice de Ronalpia. "Ce modèle est mal connu. Il existe encore une vision philanthropique", confirme Frédéric Hello, directeur du marché de l'ESS à la Caisse d'épargne Rhône-Alpes. Lui-même éprouve quelques difficultés au quotidien : "Avant un prêt je suis dans une logique d'analyse pure. Je regarde la viabilité économique pour voir s'ils sont en mesure de le rembourser. Mais comme le sujet est nouveau, je ne peux pas m'appuyer sur des antécédents."
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
