Family offices, les garants (très discrets) des patrimoines
Marie-Annick Depagneux
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Que peuvent bien avoir en commun les Peugeot, Wendel, Dassault, Mulliez, Pinault, Dentressangle ou encore Baulé ? Tous disposent d'une entité qui gère les intérêts patrimoniaux de ces familles fortunées, voire immensément fortunées. Suffisamment d'ailleurs pour s'offrir un family office (FO). Combien sont-elles dans ce cas en France ? Difficile de le savoir précisément, trente ou quarante. Plus nombreuses sont celles qui font appel à un multifamily office (multi FO), une profession jeune, sans statut juridique précis. Tout conseiller en investissements financiers peut se revendiquer comme tel, est-il courant d'entendre dans ce milieu. Reste que ces prestataires ne seraient guère plus d'une dizaine en France aujourd'hui à afficher une réelle visibilité.
Agami Family, Sycomore FO et Intuitae constituent le trio de tête. Et sont présents, ou s'apprêtent à l'être à Lyon, « une place culturellement très différente de Paris dans la façon d'aborder les sujets », remarque Luc Granger, cofondateur d'Intuitae. Ces multi FO gèrent la fortune de plusieurs familles. « Notre périmètre de conseils est à 360 degrés », observe Laurent de Swarte, cofondateur en 2006 d'Agami. Il revendique 150 clients - familles, entrepreneurs et autres -, mais évoque un terrain de jeu de plusieurs milliers de personnes.
Les perspectives de ce marché naissant ont poussé Cyril Agi à franchir le pas. Ancien cadre de la Société générale banque privée, il a pris la direction du bureau lyonnais de Sycomore, ouvert il y a six mois seulement.
Ces multi FO mettent aussi en avant la mutualisation possible des bonnes idées. « Nous faisons toujours du sur-mesure sur la base d'un cahier des charges », insiste Cyril Agi. A fortiori lorsqu'ils vendent un positionnement haut de gamme, un choix revendiqué par Intuitae. Luc Granger affirme cibler en priorité « des familles dont la fortune n'est pas inférieure à vingt millions d'euros. Dans les faits, ce peut être deux ou trois fois plus. Ce métier ne peut être démocratisé, ou alors cela signifierait que nous consacrons moins de temps aux dossiers ». Comme ses homologues, Intuitae effectue une partie de son activité en sous-traitance pour les grands family offices en leur apportant des compétences spécifiques et ultraspécialisées.
Marie-Annick Depagneux