Cheynet & Fils placé sous l’aile de la justice
Marie-Annick Depagneux
Marie-Annick Depagneux
Cheynet & Fils, principale entité du groupe textile Cheynet, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon, le 1e juillet 2014. « Le groupe, qui demeure le premier fabricant européen de rubans élastiques, regagne un peu d'argent. Il a aidé cette filiale au maximum de ses possibilités. Mais le personnel y est trop nombreux », explique à Acteur de l'économie, Grégoire Giraud, Pdg de la société. « Redimensionner l'entreprise est nécessaire. Mais un plan de sauvegarde de l'emploi coute cher et nous n'en avions pas les moyens ».
Sis à Saint-Just Malmont, en Haute-Loire, berceau de l'industriel né en 1948, Cheynet & Fils emploie 300 salariés et maîtrise, avec un savoir faire reconnu, tout le process de fabrication de la rubanerie élastique : guipage, ourdissage, tricotage, teinture, impression, enduction de silicone. L'an dernier, ses comptes sont restés déficitaires malgré une hausse de 8 % de son chiffre d'affaires à 17,3 millions d'euros, précise le dirigeant. De plus, « le premier semestre n'a pas tenu ses promesses et la croissance n'a été que de 2 % », reconnaît-il.
Face à ce constat, il a décidé de faire appel à un spécialiste des situations de retournement, Jean-Jacques Monge, un parisien avec un regard neuf qui occupe aujourd'hui le poste de directeur général. « Il m'a proposé un plan que j'ai accepté », poursuit Grégoire Giraud. Celui-ci préconise un recentrage sur le marché historique de la lingerie corsetterie.
Or, au fil des ans, et pour compenser ce débouché en déclin depuis 2002, lié en particulier aux importations asiatiques, Cheynet & Fils s'est diversifié (à 40 %) dans la santé, l'habillement, la décoration et même le sport. Il a été choisi pour faire les élastiques du nouveau masque Easybreath, de Décathlon et son innovation a été primée, d'ailleurs. Afin de réussir ce recentrage, « il va falloir changer nos méthodes de travail et procéder à une tarification adaptée pour les petites séries et les prototypes », détaille le Pdg. Ses clients, toutes les grandes marques du secteur - il ne travaille plus avec la grande distribution - devront jouer le jeu. Il les rencontrera tous, au Salon international de la lingerie qui s'ouvre ce samedi 5 juillet, à Paris.
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Le groupe Cheynet compte trois autres sociétés opérationnelles en France, non concernées par la procédure judiciaire : Bertheas à Saint-Chamont, dans la Loire, Moulinage du Plouy, dans le Pas de Calais, et Louis Vidon, en Isère, (converteur sans usine). Il possède également une unité de production en Tunisie (50 salariés) et une autre en Thaïlande (une centaine de personnes). L'ensemble a totalisé 35,3 millions de chiffre d'affaires, en 2013, en progression de 3,5 %. En 2008, le groupe avait demandé son placement en procédure de Sauvegarde, pour se restructurer. Son plan avait été homologué par le tribunal en décembre 2009.
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