Comment Renault Trucks taille dans ses effectifs avec son plan social
Maxime Hanssen
Maxime Hanssen
On en sait désormais davantage sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui touche Renault Trucks. Les suppressions nettes de postes décidées par Volvo, actionnaire majoritaire, sont concentrées sur le site de Lyon (Saint-Priest/Vénissieux), épargnant ainsi les unités de Blainville, Bourg-en-Bresse et Limoges. Le troisième Comité central d'entreprise, qui s'est déroulé ce mardi, donne également une répartition plus précise des postes susceptibles d'être supprimés. Un CEE durant lequel le nombre des 512 emplois menacés a été revu légèrement à la baisse. En effet, sur les 33 postes de la division informatique qui devaient être rationalisés, 15 ont été sauvés lors des négociations.
Ainsi, à ce jour, le plan social actuellement en cours menace 497 emplois. Avec 436 postes dans le viseur, l'unité "support commercial" portera en grande partie l'effort de restructuration.
Au sein de celle-ci, 143 appartiennent à la sous-unité "après-vente", notamment en charge de la documentation, et seront transférés en Suède dans une division unique, tandis que 48 postes de la cellule "support opérationnel aux pays" seront délocalisés à Casablanca (Maroc) et à Istanbul (Turquie).
18 concernent le support opérationnel qualité, garantie et animation réseau, 8 sur le service de formation, 32 postes impactent l'unité de contrôle de gestion commerciale, 17 postes d'assistantes, 5 sur les ressources humaines, 58 sur la direction marque et produit, 37 pour la promotion de la marque, 17 concernant les postes technico-commerciaux, et enfin, 30 touchent la direction des ventes.
Toujours dans les 436 menacés de l'unité "support commercial", 23 concernent la plateforme d'assistance 24/24h. Ils seront réinstallés en Belgique, avec un risque de réduction à la clé.
Une deuxième unité risque de fortement contribuer à ces suppressions d'emplois : celle concernant les études et les chefs de projets où 65 postes sont menacés, dont 10 postes d'ingénieurs d'études, 10 sur la cellule d'essai, 23 portant sur la cellule qualité produit et service, et des acheteurs et assistantes, ainsi qu'une vingtaine en postes administratifs et comptabilités, transférés en Pologne et en Inde.
Les syndicats ne désespèrent pas de réduire la casse sociale. "Nous négocions actuellement sur d'autres secteurs", avance le syndicaliste. Les représentants souhaitent faire infléchir la position des actionnaires. Pour cela, ils mettent en avant le fait que la suppression de certains postes essentiels, et notamment dans le domaine du support commercial, risque d' "impacter le fonctionnement quotidien de l'entreprise", souligne l'un d'eux.
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La direction ne semble pas totalement fermer la porte à cette réalité.
Les salariés de Renault Trucks espèrent également l'appui du gouvernement, suite à leur forte mobilisation menée ce mardi, où 900 à 1 100 cols blancs ont défilé entre les sites de Vénissieux et de Saint-Priest. Lors de l'annonce de ce second plan social en deux ans, Manuel Valls expliquait que son "gouvernement ne peut pas accepter le plan qui nous a été présenté". Le Premier ministre devrait rencontrer les dirigeants de Renault Trucks dans les prochaines semaines.
Les différents plans sociaux menés par le groupe suédois, en France (un autre est en cours à Belley dans l'Ain menaçant 34 postes), s'inscrivent dans une profonde réorientation stratégique de l'entreprise. Le but est de centraliser les décisions à Göteborg. Sept zones géographiques, contre trois auparavant, complètent ce dispositif. Et dans ce redéploiement, Renault Trucks SA, dont le siège social est basé à Saint-Priest, n'est plus forcément au centre des décisions.
Une position qui inquiète les salariés :
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Et de cette stratégie, de nouvelles suppressions de postes pourraient en résulter à Lyon, dans la cellule informatique en septembre 2015. Volvo group souhaite externaliser son pôle informatique, dont une grande partie des effectifs est basée à Lyon. 181 postes seraient menacés.
Maxime Hanssen