IFPEN : l'innovation industrielle, pivot du développement
Nathaly Mermet
Nathaly Mermet
"Avec un minimum à 26 dollars du baril en janvier 2016, nous avons atteint un niveau de prix qui n'avait pas été connu depuis 2003", a rappelé ce mercredi à Lyon, Didier Houssin, président de IFP Énergies nouvelles, soulignant l'impact de la forte chute des prix du Brent - de 75% depuis juin 2014 - sur l'économie mondiale.
Si l'économie pétrolière est en difficulté, celle des nouvelles énergies et des nouvelles pratiques se porte plutôt bien.
Ainsi, du côté de l'IFP Énergies nouvelles Lyon, la structure accélère ses recherches dans le domaine des énergies renouvelables, des productions écoresponsables, des transports innovants, des procédés éco-efficients et des ressources durables. Aujourd'hui, 50% des brevets déposés le sont ainsi pour des innovations technologiques dans les nouvelles énergies. Des recherches possibles grâce à une bonne valorisation industrielle des travaux :
Parmi les réalisations en 2015, plusieurs faits marquants sont à signaler. D'abord institutionnels : en avril, la signature d'un accord-cadre avec la région, matérialisant "l'ambition commune de renforcer les capacités de recherche, de transfert des savoirs et d'innovation de la région", explique Pierre Beccat.
D'un point de vue pratique, il permettra le co-financement de thèses, de chaires industrielles et l'accompagnement des PME. À noter, également, la validation du CPER engageant au financement de projets et outils précieux comme celui d'un plateau technologique de catalyse industrielle.
Sur un plan industriel, l'IFPN Lyon enregistre aussi de belles collaborations. Par exemple, avec Michelin. Le projet Biobutterfly, mené par les deux entités, marque une avancée certaine sur le volet chimie du végétal dans le développement de produits biosourcés à partir de déchets forestiers ou ménagers.
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Dédié à la production de biobutadiène grâce à une technologie performante, économique et propre, il vise une industrialisation à l'horizon 2020. Après les premiers résultats expérimentaux et l'évaluation économique en 2014, l'heure est à la sélection des voies les plus prometteuses.
"Au-delà de la collaboration prometteuse "Biobutterfly" d'autres thématiques plus amont sont envisagées sur de nouveaux polymères, sur la caractérisation ou la modélisation des matériaux", déclare Jérôme Fournier à la direction R&D chez Michelin.
Parmi les autres innovations développées, les biocarburants de seconde génération. Le projet BioTfuel, basé à partir de biomasse cellulosique (non concurrente de l'alimentation) est mené en partenariat avec Total, le CEA et Axens.
Cette année 2015 a marqué le franchissement de nouvelles étapes, comme la conversion thermochimique par gazéification. Les pilotes ont été lancés pour les commandes d'ingénierie, équipement et construction.
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Enfin, le prototype du projet Futurol, basé sur la conversion biochimique, a quant à lui été finalisé pour la fabrication industrielle de bioéthanol à travers une chaîne biocatalytique. Le procédé est désormais commercialisé via la filiale Axens de l'IFPEN. "L'objectif à l'horizon 2020 est d'introduire 10 % de biocarburants dans le gazole et l'IFPEN conduit plusieurs projets phares dans le domaine", indique Pierre Beccat.
Nathaly Mermet