Teclis s'ouvre les portes d'un laboratoire de Harvard
Marie-Annick Depagneux
Marie-Annick Depagneux
Quatre mois après avoir démarré sa collaboration avec un laboratoire de la prestigieuse Harvard School of public health (Cambridge, Massachusetts), la société lyonnaise Teclis a signé le 12 février un accord pour y baser un chercheur et du matériel.
D'ici à l'été prochain, ils seront regroupés à Tassin-la-Demi-Lune, dans le Rhône.
Les sciences du vivant sont précisément un domaine où Teclis a décidé de s'investir davantage du fait des perspectives. La société, qui s'apprête à recruter un docteur en biologie, vient de déposer un brevet spécifique, en commençant par la France. Il sera étendu d'abord géographiquement à l'Europe fin 2016 et à l'Amérique du Nord, mais aussi professionnellement à d'autres métiers.
Teclis décline deux familles de machines : d'une part, des tensiomètres, et, d'autre part, des analyseurs de mousses liquides, destinées aux secteurs de l'énergie, de l'agroalimentaire, de la cosmétique et maintenant de la pharmacie.
Teclis, entité créée en 1991 d'un essaimage de l'Université d'Aix-Marseille, était à l'origine un pur et beau produit formaté par des docteurs en physique, chimie et mathématiques.
Arrivée en 2009, comme consultante externe, au décès d'un des fondateurs, cette dernière a intégré l'entreprise en 2013 en tant que directrice commerciale et marketing. En septembre 2015, elle en a pris la présidence.
Implantée depuis 20 ans en Chine, avec une filiale à Pékin, où elle travaille principalement pour l'industrie pétrolière, la société effectue en Asie le tiers de son chiffre d'affaires (1,26 million en 2015 et 1,5 million prévu cette année).
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En Amérique du Nord, qui assure un autre tiers de son activité, via des agents et des distributeurs, elle prévoit de se doter d'une filiale à Boston, début 2017. Au-delà de l'Europe, le fabricant prospecte, depuis un an, au Moyen Orient : Émirats arabes unis et Koweït, où Séverine Besson-Thura a décroché un rendez-vous, à la mi-mars, avec la puissante Kuwait Oil Company.
Compte tenu des projets de développement et des nouveaux axes de recherche, Séverine Besson-Thura, lauréate 2015 du Réseau Entreprendre Rhône, pourrait faire appel à un fonds de capital investissement régional, fin 2016 début 2017. L'un d'eux l'a déjà approchée mais elle veut d'abord affiner sa stratégie.
Dans l'immédiat, elle va ouvrir le capital aux salariés sachant qu'elle a acquis 40 % des actions dont le solde est détenu par Alain Cagna (un des cofondateurs) et d'autres personnes physiques. À travers les deux dispositifs CIR (Crédit d'impôt recherche) et CII (Crédit Impôt innovation), l'entreprise récupère entre 200 000 et 300 000 euros d'avantages fiscaux par an. Par ailleurs, elle est accompagnée à hauteur de 300 000 à 400 000 euros par Bpifrance.
Marie-Annick Depagneux