Baud Industries, l'union sacrée
Didier Bert
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Baud Industrie
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Dans la vallée de l'Arve, en plein cœur de la Haute-Savoie, sur ce territoire où la sous- traitance est reine, les industriels ne sont pas habitués à communiquer sur leurs activités. « La vallée de l'Arve est silencieuse, discrète », témoigne Guy Métral, président de la CCI de la Haute-Savoie, qui explique cette discrétion par la nature sous-traitante des entreprises, non coutumières à vanter un produit fini auprès du grand public, mais plus promptes à des négociations discrètes avec leurs clients eux-mêmes industriels. Et dans le cas précis, obtenir une rencontre avec les frères Baud, dirigeants de l'entreprise éponyme, relève du défi. « Il leur est difficile d'admettre que ce qu'ils font peut faire rêver les gens à l'extérieur de l'entreprise, parce que pour eux, c'est normal », explique André Montaud, directeur général de Thésame, qui évoque une « communication timide, voire presque de modestie extrême », tout en précisant que les dernières années ont vu l'entreprise s'ouvrir davantage.
Il faut dire que la culture de l'entreprise est ancrée dans la production et l'innovation bien davantage que dans la communication, dans le savoir-faire plutôt que dans le faire savoir. C'est ainsi que l'aventure entrepreneuriale de la famille Baud s'est construite. Bâtie sur l'histoire d'un apprenti nommé Marcel Baud - que ses fils appellent « le papa » - embauché au début des années 1950 par l'entreprise Maitre, un des plus importants décolleteurs de la vallée.
Après avoir gravi tous les échelons jusqu'à devenir directeur technique de l'entreprise, Marcel Baud se met à son compte en 1978. Il est alors père de trois fils : Renald (né en 1962), Lionel (en 1967), et Jean-Noël (en 1968). Il installe une machine dans le garage de la maison familiale, près de Ville-la-Grand, à proximité de la frontière suisse. Son alimentation en matière première est entièrement automatisée, ce qui est précurseur à l'époque. « Il s'est lancé pour mettre en application ses convictions qu'il n'arrivait pas à mettre en œuvre chez son employeur », pointe Renald, désormais directeur technique du groupe. La cellule entièrement automatisée Usitronic, inaugurée en ce printemps 2017, n'est que « ce que le papa avait en tête il y a quarante ans, analyse Lionel Baud. Il voulait que les machines puissent faire le maximum d'heures de production en autonomie ». La cellule robotisée contrôle elle-même ses pièces jusqu'à être capable de changer d'outil si nécessaire, et analyse son propre fonctionnement.
Didier Bert
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