Jean-Dominique Senard, de Michelin à Renault
Sonia Reyne avec S.B. et agences

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Laurent Cerino/ADE
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Laurent Cerino/ADE
Hier soir, Jean-Dominique Senard célébrait à Clermont-Ferrand les 10 ans de l'Aventure Michelin. Avec la retenue qui lui est coutumière, il n'a pas répondu à la question qui était dans toutes les conversations : sa nomination à la présidence du conseil d'administration de Renault.
L'homme a simplement rappelé l'attachement de Michelin au territoire, son admiration pour l'entreprise visionnaire se contentant d'évoquer un possible aménagement des anciennes pistes d'essai de l'usine Michelin. Construites en 1928 et inexploitée depuis en 2001, ces bâtiments industriels pourraient être aménagés et devenir un nouveau quartier de Clermont-Ferrand.
Ce matin à Paris pour sa désignation officielle, celui qui était entré chez Michelin en 2005 comme directeur financier pour prendre la présidence du groupe six ans plus tard a tout aussi humblement souligné :
A bientôt 66 ans, fort de quarante années passées au sein de plusieurs fleurons de l'industrie française, ce fils de diplomate, ancien de HEC et titulaire d'une maîtrise de droit, dispose de tous les atouts pour aider Renault à sortir de sa crise actuelle : une réputation de grande intégrité - voire de frugalité - un style propre, presque "british", mêlant courtoisie et sens de la diplomatie.
Autre atout : comme Carlos Ghosn, qui - ironie de l'histoire - débuta sa carrière chez Michelin en 1978, Jean-Dominique Senard jouit d'une solide expérience internationale et multiculturelle, indispensable pour asseoir sa légitimité à la tête d'une alliance automobile franco-japonaise devenue l'an dernier le numéro un mondial du secteur.
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"(Il) a une compétence reconnue dans le secteur automobile", a dit de lui le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans une interview au Journal du dimanche. "Chez Michelin, il a démontré sa capacité à réussir à la tête d'un grand groupe industriel et il a une conception sociale de l'entreprise à laquelle je suis personnellement attaché."
Jean-Dominique Senard a permis à Michelin de sortir sans dommage de la dernière crise automobile, menant sans difficultés particulières plusieurs restructurations au fil de l'eau dans les usines françaises du groupe clermontois - un solide ancrage territorial qu'il s'est toujours attaché à défendre.
Parmi ses points faibles, ce candidat malheureux à la présidence du Medef à la fin 2017 pour une question d'âge, devra faire oublier l'image d'un management à l'ancienne associée à Michelin dans l'esprit de certains cadres de Renault. Pourtant, il a souvent porté la question du "sens dans l'entreprise".
Dernier atout : Jean-Michel Senard sera bientôt complètement libre de ses mouvements puisqu'il cèdera la présidence de Michelin lors de la prochaine assemblée générale du groupe le 17 mai prochain à Clermont-Ferrand à Florent Menegaux son successeur désigné. Nul doute qu'il sera présent pour assumer quoiqu'il arrive les résultats. Son agenda prévoit d'ailleurs encore plusieurs participations à des manifestations Clermontoises dans les jours à venir.
Sonia Reyne avec S.B. et agences