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Stratégie - La Tribune AURAIndustrie - La Tribune AURA

Vulkam, la startup de la métallurgie qui voit gros

Marie Lyan

Publié le 05 février 2020 à 04:59 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 01:13

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La deeptech iséroise Vulkam, spécialisée dans la conception de métaux dits amorphes, vient d’annoncer sa première levée de fonds. Un financement qui devrait lui permettre de passer un premier cap : la mise en service d'une machine pilote.
La jeune pousse iséroise Vulkam est l'une des rares startups du domaine de la métallurgie. Créée en 2017, la jeune pousse s'appuie notamment sur

 une dizaine d'années de recherches, menées au sein de plusieurs laboratoires grenoblois (dont le laboratoire SIMAP, de Grenoble INP). Elle

dispose ainsi d'une série de brevets universitaires et en propre sur laquelle elle compte bien miser pour se distinguer.
"Tout est parti d'un travail sur la structure atomique des métaux, où nous avions découvert que les métaux amorphes pouvaient présenter une résistance aux efforts mécaniques plus élevée que les métaux traditionnels, qui pouvaient être utiles à l'industrie", explique Sébastien Gravier, président et cofondateur de Vulkam aux côtés de trois autres associés.

Incubée par la SATT Linksium, la jeune société vient de compléter sa première levée de fonds de 4,5 millions d'euros, dont 2 millions apportés en haut de bilan par Supernova Invest et Sofimac Innovation, 1,5 millions amenés par des prêts bancaires (BNP Paribas Développement et Crédit Agricole Sud Rhône Alpes Capital), tandis que Bpifrance complète l'enveloppe avec son "aide au développement DeepTech" d'un million d'euros.

Un premier financement qui devrait permettre à la société d'accélérer ainsi l'industrialisation de ses pièces, en commençant par la création de machines spéciales visant à les produire. Car pour entrevoir un avenir industriel, les "métaux amorphes" sur lesquels elle travaille, "constitués d'une structure atomique désorganisée qui se rapproche de celle du verre", auraient notamment besoin d'équipements de production adaptés.

"Le procédé de fabrication nécessite de réaliser un mix entre des procédés de moulage issus de la plasturgie, de la métallurgie, et de la microélectronique et fait donc appel à de la haute technologie", illustre Sébastien Gravier, qui souhaite ainsi se positionner sur l'ensemble de la chaîne, allant de la fabrication des métaux à la pièce finale.

Un marché de haute technologie

Vulkam planche ainsi sur la conception d'une dizaine de nouveaux métaux à forte valeur ajoutée, issus du cuivre, du titane ou encore du nickel, et dont la capacité de miniaturisation et la résistance accrue présentent des atouts pour plusieurs marchés.

A commencer par le secteur médical, avec des débouchés dans le domaine de l'implantologie, qui cherche à produire des implants plus petits, ou des outillages médicaux destinés à la chirurgie mini-invasive, par exemple.

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"L'horlogerie serait également intéressée par des pièces de petite taille afin d'augmenter la durée de vie ainsi que les propriétés mécaniques des pièces, tout comme les secteurs du sport ou de l'aérospatiale, qui rencontrent tous deux des enjeux de dimensionnement et de poids", complète le co-fondateur.

La startup a déjà réalisé des prototypes pour le compte de partenaires industriels au cours des deux dernières années et se prépare désormais à passer en phase de pré-industrialisation, à travers l'installation de sa première chaine pilote dans la région grenobloise. Avec la volonté de produire, à terme, jusqu'à plusieurs centaines de milliers de pièces.

"Nous allons mettre en service une machine pilote d'ici l'été 2021. Nous pourrons ainsi commencer à monter en puissance et amorcer une seconde levée de fonds, en vue de multiplier le nombre de machines destinées à produire", confirme Sébastien Gravier.

En attendant, Vulkam peut d'ores et déjà compter sur un site de 400m2 comprenant un hall technique, situé au coeur du campus universitaire, qui l'assurera de demeurer à proximité de ses partenaires académiques, mais également de ses 14 salariés, principalement des ingénieurs et doctorants. "Car ce sont ces partenariats, ainsi que l'expertise de nos collaborateurs, qui vont nous permettre de conserver notre avance technologique", atteste Sébastien Gravier. Six recrutements sont d'ailleurs prévus d'ici la fin de l'année, principalement sur des profils techniciens, commerciaux et administratifs.

Devenir "un leader européen"

Car si elle ne communique pas sur ses perspectives de chiffre d'affaires, la jeune pousse nourrit cependant déjà une ambition : devenir "la seule société européenne offrant des capacités industrielles dans la fabrication de verres métalliques pour le développement de pièces miniatures". Et vise directement des pays comme la Suisse, l'Allemagne, la Belgique ou encore l'Italie, avant d'envisager, d'ici quelques années, une expansion en Asie.

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Un segment où Vulkam semble pour l'instant avoir le champ libre puisque ses plus proches concurrents seraient des sociétés américaines ou asiatiques, utilisant le même procédé de fabrication, mais se destinant plutôt au marché des pièces de plus grande taille.

"Nous nous plaçons en disrupteur car nous n'avons pas d'équivalent en Europe, où il existe plutôt des fabricants de petites pièces sur le marché de la microtechnique ou micromécanique, mais qui ne développent pas des métaux amorphes", atteste Sébastien Gravier.

Un positionnement qui se veut aussi "en rupture" au sein du secteur, souvent jugé plus traditionnel, de la métallurgie.

"Nous nous trouvons en effet dans un secteur où les innovations 'de rupture' et les startups sont plus rares, au vu de la taille des équipements et des investissements nécessaires. Mais il ne faut pas oublier que la métallurgie demeure en constante innovation, comme on le voit dans le domaine l'automobile, où 95% des alliages utilisés aujourd'hui n'existaient pas il y a 15 ans", complète le cofondateur.

Une chose est certaine : la startup compte bel et bien se faire une place et prouver sa valeur ajoutée.

Marie Lyan

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