Pour le chimiste lyonnais Elkem (ex- Rhône-Poulenc et Rhodia), la transition énergétique est une très bonne nouvelle. Car à mesure que grimpent les exigences en matière de décarbonation, le silicone se pose comme une alternative plus haut de gamme et « durable » que les matériaux plastiques dans un grand nombre de domaines (automobile, BTP, santé, etc)… De quoi nourrir un investissement de 36 millions pour doper ses capacités de production, tout en affichant des ambitions accrues en matière de recyclabilité, qui demeure encore cependant le principal point noir de cette matière.Près de Lyon, le chimiste Elkem en est convaincu : « les silicones font déjà partie de la solution pour la réduction de l'empreinte carbone de nos sociétés, du véhicule électrique aux énergies renouvelables, en passant par la construction durable ou les villes intelligentes », affiche son directeur général, Frédéric Jacquin, mettant en avant les nombreuses propriétés de ce matériau, fabriqué à partir du sable : résistance aux hautes températures et aux intempéries, anti-adhérence...
Le chimiste lyonnais est d'ailleurs devenu l'un des rares acteurs mondiaux intégrés dans la production de silicones, avec des opérations allant de « la production à partir de quartz », jusqu'à « la synthèse des technologies silicones les plus avancées », en partie grâce à sa division sœur, Elkem Silicium.
Car après Rhône-Poulenc, puis Rhodia, le chimiste lyonnais était d'abord passé entre les mains du chinois Bluestar, avant que celui-ci ne choisisse de racheter également le numéro 2 du silicium mondial, le norvégien Elkem, en 2011. Depuis, la fusion des activités silicone d'Elkem et de Bluestar a donné lieu à Elkem Silicones, une société cotée en Bourse et dont le siège mondial demeure basé à Lyon.
« Nous sourçons le quartz en Norvège, France ou Espagne par exemple, à travers notre division sœur Elkem Silicium, qui transforme et purifie celui-ci pour en faire du silicium minéral, que l'on transforme ensuite dans notre brique de base, le siloxane sur notre site de Roussillon, qui est notre site amont pour l'ensemble de l'Europe et des Etats-Unis », expose Frédéric Jacquin, directeur général d'Elkem Silicones.
Avec ses 11 sites aval (héritiers de la branche silicones des groupes Rhône-Poulenc et Rhodia ndlr), Elkem transforme ensuite cette matière en plusieurs milliers de produits différents, qui lui permettent de couvrir l'ensemble des besoins de l'industrie : santé, automobile, cosmétiques, bâtiment, etc.
« Plus on électrifie de voitures, mieux ce sera pour notre business »
Ce n'est donc pas un hasard sur la plateforme chimique de Roussillon se retrouve au cœur de l'accélération du groupe :