Le fabricant ligérien de tissus maille Henitex se pose comme le symbole d'une filière, à qui l'épisode des masques, a redonné son goût d'innover et d'exister en France. Il vient d'investir dans des métiers à tricoter seamless (sans couture), une technologie qui n'était pas présente en France. Un investissement qui a déjà séduit certaines marques comme le Slip Français ou Franc Jeu et qui permet de participer ainsi à la réduction du nombre de vêtements fabriqués à l'étranger.Tout confort, plus solides, plus économiques, plus écologiques, tout en étant bien entendu Made in France. Voici la promesse du Slip Français avec son nouveau boxer, sa brassière et sa nouvelle culotte lancés la semaine dernière en préréservation.
En quelques heures, plus de 500 exemplaires ont été vendus. La marque, porte-drapeau du made in France textile, avait à l'origine tablé sur 1.500 exemplaires pour les six premiers mois de commercialisation.
"Je crois que nous allons devoir revoir nos plans fortement à la hausse. Il va falloir mettre le turbo sur la production", sourit Guillaume Gibault, fondateur en 2012 de l'entreprise affichant désormais un chiffre d'affaires annuel de 23 millions d'euros avec 120 emplois directs (dont 60 au sein des boutiques de la marque) et 300 emplois induits dans la trentaine d'ateliers partenaires.
Plus économique et plus écologique
Ces nouveaux sous-vêtements sont produits avec la technologie "Seamless" (sans couture), réalisée à partir d'une technique bien particulière de tricotage circulaire.
"Elle permet d'obtenir 30% de déchets en moins et d'abaisser de 30% la consommation d'énergie et d'eau. De plus, le process est très automatisé, un slip est produit en moins de trois minutes avec le seamless, avec seulement deux petites opérations de couture. Même si la fabrication est automatisée, elle permet de produire en France, de créer de l'emploi localement, avec des progrès significatifs pour la planète ", poursuit le patron du Slip Français.
Avec cette nouvelle gamme, il vise un autre objectif : rendre ses produits accessibles au plus grand nombre en abaissant les prix grâce à un gain de productivité.
"Nous sommes conscients que tout le monde ne peut pas se payer un slip à 40 euros, même s'il veut acheter du Made in France. Avec le seamless, nous pouvons réduire nos prix, le nouveau boxer est à 35 euros. C'est un pas significatif pour nous. En étant plus compétitifs, nous espérons participer à la réduction du nombre de vêtements achetés en France et fabriqués à l'étranger(97% selon les chiffres de la filière NDLR).".
Pour franchir ce pas technologique, Le Slip francais s'appuie sur la PME ligérienne Henitex (4,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021 avec 40 salariés), spécialiste du tricotage circulaire. "Début 2021, nous avons lancé un appel à la filière pour savoir qui faisait du seamless. Personne visiblement... Mais Christian Schmitt, le patron d'Henitex, nous a répondu deux jours plus tard qu'il était prêt à se lancer. L'histoire a commencé ainsi, il y a un peu plus d'un an". Le seamless existe en réalité depuis 20 ans, issu d'une innovation du fabricant de machines italien Santoni. L'essentiel des métiers sont installés en Chine, et une partie plus modeste en Turquie, en Italie et au Portugal mais... aucun en France.
Stéphanie Gallo Triouleyre