Face à la sécheresse et aux changements climatiques, les minéraliers doivent adapter leurs captages. En Auvergne, les industriels propriétaires des eaux de Volvic, Saint-Yorre, Châteldon, Mont Dore… réduisent déjà leurs prélèvements et adoptent de nouvelles pratiques afin de préserver la ressource.Alors que la consommation d'eau minérale augmente à l'approche de l'été, c'est une fermeture qui n'est pas passée inaperçue. Dans les Vosges, Nestlé Waters a décidé de suspendre deux de ses six forages dédiés à la production de l'Hépar. Une décision, prise début mai, à la suite du déficit de pluviométrie rencontré dans la région cette année. Et cette annonce en accompagne une autre. Nestlé Waters prévoit la suppression de 171 postes dans l'usine de Vittel-Contrexéville d'ici la fin de l'année à cause, en partie, de la baisse générale des volumes de production liée aux « conditions climatiques ».
En Auvergne, les industriels se veulent plus rassurants. Contrairement à Hépar, le pompage de l'eau se fait dans des nappes plus profondes, moins touchées par la sécheresse. C'est ce que précise dans un communiqué Sources Alma, propriétaire entre autres des eaux minérales auvergnates Mont Dore et Saint-Yorre :
« les aquifères profonds exploités dans le cadre de notre activité sont indépendants et isolés des nappes phréatiques de surface.(...)L'eau du robinet est prélevée principalement dans ces nappes phréatiques de surface, peu profondes, en relation directe avec les cours d'eau (cours d'eau, canaux, lacs, étangs) et tributaires de la pluviométrie locale.(...)alors que l'eau de source ou l'eau minérale naturelle sont exclusivement d'origine souterraine. »
Volvic réduit de 5% ses prélèvements
Pour les mêmes raisons, le groupe Danone, propriétaire de la célèbre eau de Volvic, n'est pas contraint par les restrictions d'eau décidées par la préfecture du Puy-de-Dôme dans 31 communes dont Volvic. Puisque la Société des eaux de Volvic (SEV) ponctionne l'eau dans une nappe profonde et donc différente de celle qui alimente le réseau d'eau potable. Le géant de l'agroalimentaire est donc exonéré des obligations touchant les autres industriels, contraints, eux, de baisser de 25 % leurs prélèvements.
« Nos forages sont par ailleurs en aval de la source d'eau potable. Ce qui fait que même si l'on arrêtait notre usine un jour ou même six mois, cela n'aurait aucun impact. Il n'y aurait pas plus d'eau au robinet » explique la SEV.