Acteur économique majeur en Auvergne, aussi critiqué par plusieurs associations pour ses prélèvements en eau, la Société des Eaux de Volvic, située dans le département du Puy-de-Dôme, a dévoilé hier, jeudi, une étude sur son impact socio-économique et environnemental, mettant en avant ses investissements afin de préserver la ressource. Danone, propriétaire du minéralier, annonce également renforcer ses engagements. Une opération séduction qui ne convainc pas les opposants.Mesurer son impact économique et environnemental sur le territoire, repérer ses points forts et ses axes de progression. Voilà les enjeux de l'étude présentée, hier jeudi, par la Société des eaux de Volvic (SEV), filiale de Danone. Une étude réalisée, nous dit le groupe, dans le cadre des 50 ans du célèbre discours d'Antoine Riboud, fondateur de la multinationale devant les assises du patronat. Un discours durant lequel le dirigeant avait mis en avant la nécessité d'une croissance responsable.
Et cela prend tout son sens en 2023, alors que Danone est confrontée à des contestations de plus en plus pressantes d'associations, inquiètes des prélèvements en eau réalisés par la SEV dans un contexte de changement climatique.
« Nous sommes souvent challengés, donc nous avons voulu comprendre notre empreinte. Il ne faut pas se cacher. Nous travaillons avec les communautés pour construire un futur meilleur.Ce qu'il y a de plus précieux pour nous c'est la ressource en eau. Si demain il n'y a plus de ressource, une entreprise (comme Volvic, ndlr) ne génère plus de bénéfices économiques », a soutenu devant la presse François Eyraud, directeur général de Danone France, qui avait fait le déplacement dans le Puy-de-Dôme pour l'occasion.
Un peu plus tôt, dans son discours, le dirigeant avait même déclaré : « Si on ne prend pas soin de cette ressource, il n'y a pas de business », arguant que l'entreprise ne trouvera pas les solutions toute seule, mais grâce à un travail collectif.
30 millions d'euros investis
Pour réaliser cette étude, Danone a fait appel à un cabinet indépendant, Archipel&Co, qui s'est appuyé sur des données chiffrées, mais aussi sur une vingtaine d'entretiens réalisés auprès d'acteurs de l'écosystème de Volvic, à savoir des fournisseurs, des élus locaux ou des associations. Premier enseignement : sans surprise, Volvic bénéficie d'une bonne image en matière de création et de maintien de l'emploi. Et pour cause. La SEV est la quatrième entreprise du Puy-de-Dôme avec 1.036 emplois directs et 332 indirects. Près de la moitié des emplois de la commune de Volvic sont pourvus par le minéralier.