C'est une immense friche cernée par le canal du Rhône, l'autoroute A7 et la ligne de fret Paris-Lyon-Marseille d'une part. Et de l'autre, par les fumées colorées des industries chimiques de la plateforme Osiris des Roches-Roussillon, mais aussi par une zone commerciale et de premières habitations à moins de deux kilomètres. Situés à cheval entre les communes de Salaise-sur-Sanne et de Sablons (Nord-Isère), les 340 hectares du site « Inspira », s'étendent le long d'un canal du fleuve, à la confluence de cinq départements en quelques kilomètres : l'Isère, la Drôme, l'Ardèche, mais aussi la Loire et le Rhône. Impressionnant par sa taille, ce site constitue l'une des plus grandes zones fléchées vers l'industrialisation dans la région par l'Etat français.
Composé aujourd'hui de 24 usines sur les 90 hectares de sa partie nord (dont l'incinérateur de déchets dangereux Trédi, mais aussi les sociétés Engrais Sud-Vienne, Linde ou encore Thor), le site reste majoritairement composé d'espaces naturels en friche, notamment en zone inondable. Ce, à quelques centaines de mètres de l'île de la Platière, classée quant à elle Natura 2000.
Dès lors, les autorités locales souhaitent depuis plusieurs années flécher les quelque 200 hectares restants vers de futurs projets industriels, notamment dans l'idée de développer les intermodalités. C'est ainsi qu'un premier dessein, portant sur l'ensemble des 340 hectares, a émergé en 2018, mais a ensuite périclité au gré des recours, en raison de son surdimensionnement et de sa trop grande consommation en eau, envisagée alors à 80.000 mètres cubes par jour, captés dans une nappe alluviale du Rhône déjà sous tension.