Réutilisation des eaux usées : « Il faut s'assurer qu'elles ne manqueront pas au milieu » (Pour Laurent Roy, directeur général de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse)
Emma Rodot
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LA TRIBUNE- Comment se comporte le bassin du Rhône cet été, après une succession des sécheresses estivales et hivernales ?
LAURENT ROY- Il faut aujourd'hui s'adapter à un contexte qui était déjà tendu auparavant. En 2015, 40 % du bassin avait été identifié comme déficitaire. À cela s'ajoute l'inégalité de la ressource en eau entre les Alpes et le pourtour méditerranéen : le littoral sud est plus sec, tandis qu'à Lyon, il pleut certes, mais plus de la même façon. On assiste aujourd'hui à une concentration des événements pluvieux, intenses, violents, le cas échéant catastrophiques. À l'inverse, les périodes de sécheresse sont plus longues et plus intenses. De la même façon, on assiste à une fonte tendancielle des glaciers alpins. La France a beaucoup vécu sur l'idée que la ressource en eau était abondante. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, il y avait le « château d'eau alpin », avec l'impression que grâce aux infrastructures alpines comme Serre-Ponçon, la Durance, le Verdon, la région resterait alimentée en eau. Mais on observe bien une baisse de la disponibilité de la ressource pour les différents usages, que ce soit l'agriculture, l'industrie, l'énergie, la navigation, mais aussi les milieux naturels eux-mêmes.
Le Rhône est à ce titre investi par de très nombreux usages : agriculture, alimentation en eau potable, industrie, centrales nucléaires. Comment les concilier ?
Les débits estivaux du Rhône ont tendance à baisser : ils ont déjà perdu une quinzaine de pourcents par rapport à la période précédant le changement climatique. On peut s'attendre à ce qu'ils perdent 20% supplémentaires d'ici à 2050, ce qui représenterait un gros tiers de perte.
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Depuis 2015, on utilise un outil : le Projet de territoire pour la gestion de l'eau (PTGE), pour établir des diagnostics partagés entre les acteurs (pêcheurs, collectivités, industriels). Il en existe 65 dans notre secteur. On se pose les questions suivantes : qu'est-ce que la ressource en eau peut donner ? Quels sont les besoins des différents usages ? C'est sur cette base que sont menés des plans d'action avec, pour commencer, des économies d'eau tous azimuts : fuites, comportements individuels, modèles d'irrigation plus économes.
Emma Rodot
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