Véhicules électriques : le japonais Tokai Cobex retarde son arrivée sur le marché des batteries
Marie Lyan
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Fabrizio Bensch
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Il y a quelques mois, Joseph Bertin, PDG de Tokai Cobex France, dessinait déjà les premières lignes d'un projet ambitieux : accélérer la diversification du groupe vers le marché porteur des batteries lithium-ion, essentielles aux véhicules électriques. Un projet qui devait également venir soutenir la création d'un nouveau pipeline gazier dans un nouveau secteur de la Tarentaise (Savoie).
L'ancien site de Carbone Savoie (qui dépendait jadis du groupe Péchiney, puis Rio Tinto, puis Alandia Industries) se pose comme l'un des derniers producteurs de graphite synthétique à l'échelle européenne, une matière indispensable (avec le carbone qu'elle produit toujours également) à l'industrie de l'aluminium.
Détenue par le japonais Tokai Cobex depuis 2020 (2 milliards de chiffre d'affaires ; 4.000 salariés dans le monde) l'usine avait débuté, dès 2018, un nouveau programme de R&D appelé « BAM » (Battery Anod Material), qui devait lui permettre de devenir le premier fournisseur européen de graphite synthétique (sous forme de poudre) en tant que matériaux d'anode pour les batteries lithium-ion, dont l'empreinte carbone se revendiquait aussi comme « la plus faible au monde pour ce type de produit. » Objectif : concurrencer le monopole chinois du graphite pour anodes, avec une commercialisation à destination des gigafactories de batteries.
Le projet, qui mobilisait jusqu'à une cinquantaine de personnes en interne depuis cinq ans, devait entrer au stade des commandes, à l'issue d'une première qualification réussie auprès d'un fabriquant de batteries. Mais ce jeudi, le groupe japonais s'apprêterait à annoncer la « suspension » des investissements dans ce domaine, lors d'une rencontre entre plusieurs membres de la direction (France, Monde) et les partenaires sociaux, qui se tient actuellement sur le site de La Léchère (Savoie). Les efforts de R&D seraient toutefois maintenus, ainsi que l'équipe dédiée au projet.
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Avec, comme causes avancées, toujours selon nos informations, « un environnement macro-mécanique et géopolitique » défavorable, y compris dans la filière européenne de batteries, qui encaisse actuellement la chute du pionnier Northvolt, ainsi que la situation du groupe, qui s'est fortement dégradée au cours de l'année 2024.
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