Ce samedi 1er mai aura une signification particulière pour les 221 salariés du site savoyard de Ferropem, de Château-Feuillet, situé au pied des stations de la Tarentaise, sur la commune de La Léchère (Savoie).
Ici, pas de grève virtuelle : ce sont près de 600 personnes qui se sont rassemblées devant les locaux de l'usine de ferroalliages et de silicium. Car depuis l'annonce fin mars de la cessation prochaine des activités de ce site au savoir-faire centenaire par leur direction, le consortium espagno-américain Ferroglobe, les salariés se sont mobilisés : appels aux responsables politiques locaux, publication d'une pétition qui a à ce jour atteint plus de 17.000 signatures...
Il faut dire qu'en pleine relance, le dossier a pris des allures stratégiques à plus d'un titre. Alors que le gouvernement français a signé un avenant au contrat de filière électronique il y a peu à Grenoble, plaçant ainsi cette industrie au cœur des enjeux de souveraineté française en pleine tempête et pénurie des composants, les deux sites de Ferroglobe se posaient justement comme les derniers à produire en France la matière première nécessaire à la composition des puces électroniques et des panneaux solaires, le silicium.
« Aujourd'hui, le site ne produit plus de silicium depuis 2018 mais nous restons le seul site européen à produire du Ferro Silico Calcium (Casi), issu d'un savoir-faire centenaire, ainsi que des ferroalliages pour les fonderies», précise Moustapha Haddou, secrétaire CSE central et délégué syndical CGT.
Car depuis l'arrêt d'un contrat commercial avec l'un de ses principaux clients en 2018, la direction avait choisi d'amorcer une mutation de la production de son site vers les ferroalliages, mais son plan de transformation avait été stoppé, suite à des problèmes de trésorerie. « Cela a conduit à l'arrêt de nos fours progressivement, dont le dernier s'est éteint début 2021 », confirme Moustapha Haddou. Avec depuis, l'attente, puis l'annonce de la cessation totale des activités, intervenue en mars.