Handicap : un business comme les autres ?
Romain Charbonnier
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Ils étaient tous là. Associations, entreprises adaptées, experts : presque tous les grands acteurs du monde du handicap avaient répondu présents pour participer à la seconde édition du salon Handicap, emploi et achats responsables, organisé à Paris, le 27 mars. Un événement "couvrant à la fois la sensibilisation, l'emploi et le parcours professionnel, les achats responsables et l'optimisation des contributions des entreprises afin d'accroître l'employabilité des personnes en situation de handicap et le recours au secteur protégé et adapté". Une place de marché sur laquelle exposaient 120 entreprises adaptées (EA) et établissements ou services d'aide par le travail (Esat), entre autres, afin d' "apporter des réponses aux 3 000 visiteurs responsables d'achats, managers ou RH d'entreprises sur leurs idées reçues concernant le handicap", souligne Xavier Kergall, directeur général du pôle salons et services du groupe Les Échos, organisateur de la manifestation. Des entreprises qui, pour beaucoup, méconnaissent et s'interrogent encore sur le handicap en leur sein, à la fois effrayées par les contraintes supposées qu'elles pourraient induire, et mues néanmoins - pour certaines - par une volonté de structurer leur politique RSE dans une réelle démarche d'engagement, s'évitant dans le même temps de s'acquitter de la contribution Agefiph.
Depuis la loi du 10 juillet 1987, renforcée par la loi handicap du 11 février 2005, les établissements de 20 salariés et plus ont en effet l'obligation d'embaucher au moins 6 % de personnes handicapées. Si elles ne respectent pas cette disposition, elles sont redevables d'une contribution auprès de l'Association nationale pour la gestion du fonds d'insertion professionnelle des handicapés (Agefiph). Et pour s'en prémunir, elles peuvent choisir une autre option : faire appel à des entreprises spécialisées pour effectuer de la sous-traitance, par exemple.
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L'objectif du salon Handicap est de démystifier et sensibiliser le plus grand nombre à cette très large question et d'y apporter des réponses, ainsi que de donner une visibilité aux travailleurs de ce milieu, qui en ont peu, en temps normal. Toutefois, et derrière l'empathie que peut susciter le débat auprès de chacun, le salon est avant tout un rendez-vous d'affaires. "Un lieu d'opportunités économique, sociale et managériale", préfère souligner Xavier Kergall. Dès lors, le handicap peut-il être considéré comme un marché, à l'image de celui des seniors, de l'habillement ou de l'automobile ? La question soulève le débat tant il est difficile d'obtenir une réponse unanime. Car le terme "handicap" porte une connotation que d'aucuns voudraient cacher. Est-il acceptable et tolérable, en 2017, de parler d'argent, de business ou de profitabilité lorsque celui-ci a pour sujet le handicap ?
Romain Charbonnier
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