Armel Le Cléac'h : l'Homme, le progrès et la mer
Maxime Hanssen
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Acteurs de l'économie - La Tribune. L'activité de navigateur nécessite une implication en amont, pendant, et en aval de la compétition, comme c'est le cas pour le Vendée globe. Etre skippeur, aujourd'hui, est-ce davantage mener une aventure sportive ou d'entreprise ?
Armel Le Cléac'h. (Il sourit) C'est avant tout un travail d'équipe. Je suis certes tout seul sur mon bateau, mais sans un collectif autour de moi sur l'ensemble du projet, je ne ferai pas grand-chose. C'est donc une aventure d'entreprise, notamment dans sa dimension collective. Nous avons tous un rôle précis et défini, afin d'atteindre un objectif commun. Nous nous attelons à mettre en harmonie les différentes composantes et compétences du projet afin que le jour J, c'est-dire celui du départ, je sois prêt à me lancer dans les meilleures conditions.
Une hiérarchie s'installe dans l'équipe pour obtenir cet optimum. Le "team" est une petite PME au "budget" de 5,5 millions d'euros (le montant dépensé par le sponsor Banque Populaire, NDLR) avec une organisation précise : un manager, un responsable technique, des salariés, etc. Le parallèle avec une entreprise classique est donc légitime : nous traversons des hauts et des bas, car la réussite n'est pas toujours au rendez-vous. Il faut faire face à des circonstances inattendues, parfois compliquées. Par exemple, lors du dernier Vendée globe, des problèmes techniques se sont invités dans la course. Et dans ces moments-là, il faut être capable de trancher rapidement, de prendre des décisions. Il ne faut pas se laisser dépasser par les événements imprévus. Cette responsabilité, nous la portons, en respectant un budget, en ayant des objectifs de résultats, et de communication. Nous avons également cette chance de travailler pour notre passion.
Si l'on veut pousser le parallèle entre le monde de la voile et celui économique, un autre élément me semble intéressant : le team Banque Populaire peut être apparenté a un donneur d'ordres. A travers la fabrication et la maintenance du bateau - le précédent était d'un montant de trois millions d'euros - nous passons de nombreuses commandes auprès d'entreprises sous-traitantes, et participons ainsi à tout un tissu économique incroyablement compétent et innovant.
Maxime Hanssen