À l'heure des quotas pour intégrer les femmes cadres, les entreprises françaises doivent encore mettre les bouchées doubles pour atteindre une égalité professionnelle pour tous. En commençant d'abord par la modernisation des pratiques managériales et par lever les freins sociaux et psychosociaux. Mais si demain, l'égalité au travail était effective, quels impacts aurait-elle sur les organisations ? Et puis, serait-ce si simple d'y parvenir ?Pour consulter cet article en accès libre (initialement publiée dans le n°141 d'Acteurs de l'économie-La Tribune), souscrivez à notre offre d'essai gratuite et sans engagement.
Il a voulu montrer l'exemple. Le 8 mars dernier, lors de la Journée internationale des droits des femmes, le président de la République Emmanuel Macron se rendait dans une entreprise considérée comme un modèle en termes de parité, avec Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Gecina, cette société d'investissement immobilier, est en tête des grandes entreprises de l'indice boursier SBF 120 pour la féminisation de ses instances dirigeantes. Loin devant LafargeHolcim, SFR ou Airbus, derniers du classement 2017 Ethics & Boards. Depuis 2011, ses dirigeants se sont efforcés de réduire les écarts de rémunération non justifiés, de 15 % en 2011 à environ 3 % aujourd'hui, en mettant près de 600 000 euros sur la table. Le conseil d'administration est actuellement composé à 50 % de femmes, au-delà du quota de 40 % rendu obligatoire par la loi Copé-Zimmermann. Et 28,6 % de femmes cadres dirigeantes siègent au comité exécutif et au comité de direction.
Ces acquis restent fragiles et la vigilance est de mise, reconnaît-on dans l'entreprise. Gecina a par ailleurs engagé une réflexion sur ses pratiques managériales pour arriver à davantage de mixité à l'avenir. L'effort est louable et pourrait être dupliqué par la plupart des entreprises. Mais qu'en est-il de la situation pour les femmes en dehors des postes de cadres ou dans les petites et moyennes entreprises en France ? Qu'en est-il de l'accès des femmes aux postes dits « masculins », et inversement ? Tout l'enjeu est là pour prétendre à une égalité professionnelle dans un futur proche.
Lever les freins
« L'éga'pro' », comme l'appelle le chercheur Christophe Falcoz, viendra avec une modernisation des pratiques managériales. Et des mentalités. « Chez les cadres de trente et quarante ans, il y a des craintes autour de la carrière. Ce n'est pas un sujet très ouvert. Certains pensent qu'il y aura des compétitrices en plus des compétiteurs dans le jeu », explique ce docteur à l'iaelyon, souvent sollicité pour des formations en entreprise. « C'est une réalité, les femmes sont plus diplômées, mais elles ne viennent pas « en plus » des compétiteurs. Il faut renvoyer ces craintes à une question de mérite. Ce n'est pas le sexe mais la compétence qui fait une bonne candidature », rappelle à l'ordre le chercheur.
Daphné Gastaldi/We Report