Merial veut consolider sa place dans la santé animale
Marie Lyan
Marie Lyan
Alors que le groupe Merial fête ses 10 ans de partenariat avec le salon du cheval Equita Lyon, qui se tenait ce week-end à Eurexpo, le secteur de la santé animale est un secteur stratégique pour le groupe. A travers le développement de vaccins, antiparasitaires et médicaments, le marché équin représente près de 60 millions d'euros de revenus pour Merial (sur un total de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires).
"Il s'agit d'un marché en croissance stable de 4 à 6% par an", précise Eric Lambert, secrétaire général du groupe, qui vient de lancer la quatrième version de son vaccin contre la grippe équine. Un produit qui a nécessité 4 ans de développement et plusieurs millions d'euros en R&D, ainsi que le concours d'une équipe de 20 personnes. "Ce nouveau vaccin, qui mime l'infection naturelle, permet à l'organisme de se donner toutes les armes pour lutter contre l'infection. Il est aussi le premier à répondre aux recommandations de l'OIE (Office International des Epizooties) qui demandait d'intégrer les souches Clade 1 et Clade 2 dans les vaccins", précise un responsable de la R&D de Merial.
Selon Eric Lambert, "l'enjeu n'est plus seulement de trouver de nouvelles souches de maladies, mais d'être également capable de développer rapidement des vaccins en inventant de nouveaux modes d'administration". Il cite en exemple un produit développé à destination des élevages aviaires et qui permet de vacciner un grand nombre de poussins en glissant des capsules au sein de leur alimentation. Sur le marché parasitaire, des comprimés antiparasitaires appétants pour les chiens (gamme Nexgard) ont également été mis sur le marché en début d'année.
Alors que la gamme antiparasitaire Frontline représente l'un de ses best sellers, Merial travaille également sur le lancement d'un anti-tique et antipuces de longue durée (3 mois), pour s'aligner sur le produit lancé en début d'année par son concurrent, MSD Santé Animale, la filiale française de Merck Animal Health.
Il faut dire que le marché de la santé animale est en pleine expansion : "Les animaux font désormais partie de la famille. Mais lorsque l'on sait que 75% des maladies animales sont transférables aux humains et que 85% des personnes embrassent leur chat en rentrant chez eux, c'est même devenu une question stratégique", estime le Ceo de Merial, Carsten Hellmann.
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S'élevant à près de 23 milliards de dollars au niveau mondial en 2013, le marché de la santé animale pourrait atteindre 41 à 43 milliards de dollars d'ici 2019, d'après différents analystes. Selon le syndicat de l'industrie du médicament et réactifs vétérinaires, le marché mondial est dominé par les trois groupes Zoétis, MSD Santé Animale (Merck & Co) et Merial (Sanofi), qui se partagent près de 50% des ventes.
Pour Merial, l'objectif est non plus de se contenter du top 3, mais de se hisser à la première ou seconde place. Pour cela, le groupe a misé sur sa stratégie de R&D, ainsi que sur l'export : "Sur les 5 dernières années, nous avons investi 150 millions d'euros en recherche et développement et développement de nos capacités industrielles à Lyon, contre 250 millions d'euros à l'échelle du groupe. Nous disposons notamment d'une banque de 100 antigênes à Lyon, qui peuvent être combinables en fonction des vaccins", précise Eric Lambert. L'export représente 85% des ventes du groupe, hors Etats-Unis puisqu'une filiale basée en Georgie est chargée d'alimenter le marché américain.
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Après avoir transféré son siège américain à Lyon en 2011, Merial attend désormais la livraison d'un bâtiment de 16 000m2 à la halle Tony Garnier, afin de regrouper son siège mondial avec celui de Sanofi d'ici 2016. En location, ces nouveaux bureaux seront opérés par l'opérateur Altarea Cogedim. Présent sur 6 sites en Rhône-Alpes, le groupe Merial emploie près de 1500 personnes dans la région et se situe dans le top 30 des plus grands employeurs en France.
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