Le laboratoire P4 de Lyon au cœur des défis de santé
Marie-Annick Depagneux
Marie-Annick Depagneux
Le P4 de Lyon a joué un rôle de premier plan lors de la récente épidémie de fièvre hémorragique Ebola en identifiant et caractérisant la souche responsable. « Cette infrastructure concourt à placer notre pays au deuxième rang mondial dans le domaine de la recherche sur les maladies infectieuses », comme l'a reconnu Manuel Valls,
Le Premier ministre est venu inaugurer ce lundi à Lyon l'extension de ce laboratoire de haute sécurité. Sans la détermination du Dr Charles Mérieux - l'industriel lyonnais, décédé en 2001, a pris l'initiative de financer les quelque 60 millions de l'investissement de départ à travers la Fondation Mérieux - il n'aurait sans doute par vu le jour au cœur du quartier de Gerland. Opérationnel depuis 2000 il a été transféré à l'Inserm, organisme public, quatre ans plus tard.
« Parmi la vingtaine de P4 existant aujourd'hui sur la planète, ce laboratoire est le seul en Europe à offrir la maîtrise et l'accès au modèle primate non humain. Il apparaît comme l'un des plus utilisés car c'est aussi le seul à être organisé pour offrir de l'accès aux scientifiques du monde entier », a commenté Yves Levy, président de l'Inserm. L'agrandissement de 200 mètres carrés lancé en 2010 pour une dépense de 11 millions d'euros accroît ses capacités d'accueil et de développement de nouveaux outils de diagnostic et tests précliniques dans le cadre du projet paneuropéen ERINHA dont ce centre assure la coordination.
Il s'agit de faire face aux défis de santé bien identifiés que représentent entre autres « la résistance aux antimicrobiens » et « l'émergence ou la réémergence de pathologies infectieuses » (Ndlr : la tuberculose, en particulier), a encore précisé Yves Lévy.
A ce propos, le patron de l'Inserm a indiqué, qu'avec une quinzaine de collègues, dans le monde, il avait dernièrement appelé dans « PloSMedecine à une prise de conscience sur l'urgence de repenser notre action collective et sur la nécessité de promouvoir un fonds global de R & D biomédicale ». Et "nous espérons que le sommet du G 7 de juin prochain sera l'occasion de décisions dans ce domaine ».
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