Premier institut lyonnais à être labellisé IHU, pour institut hospitalo-universitaire, l’institut d’hépatologie de Lyon regroupe quatre co-tutelles avec les hospices civils de Lyon (HCL), l’Université Claude Bernard Lyon 1 (UCBL), l’Inserm, le CNRS et le Centre Léon Bérard (CLB) autour d’une ambition : créer un centre d’excellence dédié à la recherche et au transfert de technologie des maladies du foie, rayonnant à l'international. Le projet franchit un nouveau cap en annonçant la construction d’un bâtiment qui regroupera les principales équipes de recherche sur le site de l'hôpital de la...... x-Rousse, avec néanmoins un budget qui demeure à boucler.
Près de deux millions de personnes meurent chaque année de complications liées à une maladie du foie dans le monde dont 17.000 en France ; plus de de 11.000 nouveaux diagnostics de cancer du foie sont comptabilisés dans le pays. Et au total, 1,5 milliard de personnes souffrent d'une maladie touchant cet organe dans le monde.
Des chiffres colossaux qui témoignent de l'enjeu de santé publique que constitue la promotion « d'un foie sain », ambition portée par l'IHU lyonnais, nommé « IHU Everest ». Qui n'est autre que le seul IHU de France entièrement dédié à cet organe qui filtre le sang, transforme et stocke les substances absorbées par le tube digestif et fabrique la plupart des protéines.
Un fléau qui a poussé les principaux acteurs lyonnais travaillant sur ce sujet, à s'associer, dès 2021, soit bien avant l'appel à projets d'IHU relancés par Emmanuel Macron début 2022.
« On a beaucoup de forces à Lyon qui travaillent sur le foie, mais elles sont invisibles. On voit l'infectieux, la cancérologie, la neurologie, mais pas les maladies du foie. En 2021, nous avons fédéré les équipes lyonnaises autour d'un institut virtuel, hors les murs, qui a été labellisé par les instances locales qui sont aujourd'hui les fondatrices de l'IHU », introduit le professeur Fabien Zoulim, directeur de l'IHU.
Un projet initié par conviction qui a permis à ce consortium, alors formé de candidater à l'appel à projets de labellisation d'IHU lancé début 2022. « Les équipes étaient déjà fédérées et cela a été l'une des clés du succès. Il n'y a pas eu d'enjeu de pouvoir ou de leadership. Chacun a ses spécificités et l'objectif est de travailler ensemble : depuis 2021, nous organisons des séminaires mensuels et nous partageons les appels d'offres », poursuit-il.
Fédérer les acteurs du foie et attirer les talents
Présenté comme un centre d'excellence en recherche, en soin et en formation, l'Institut d'hépatologie lyonnais intègrera les aspects de recherche fondamentale et de recherche clinique aux sciences sociales en rapprochant les équipes. L'idée étant de réussir à promouvoir « un foie sain » dans un contexte pour le moins inquiétant : le nombre de cancers du foie pourrait plus que doubler (+55%) au niveau mondial d'ici à 2040 en raison, notamment de la hausse du nombre de maladies dit du foie gras (NASH- stéatohépatite non alcoolique), détaille les Hospices civils de Lyon (HCL) sur leur site.