L'écosystème biomédical lyonnais planche sur le sujet depuis plus de deux ans. Le projet est désormais sur le point de se concrétiser. Le nouveau centre de recherche et d'entreprises en biotechnologies, le BCF2I (Biocluster for Innovation in Infectious Diseases), devrait officiellement voir le jour au premier trimestre 2024. Il avait été retenu aux côtés de quatre autres projets français, en mai dernier, dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) de l'État pour structurer de grands bioclusters français, à vocation mondiale afin de consolider la politique de sites de recherche et de production en santé. Budget global de cet AMI, inscrit dans le cadre plus large du plan Innovation Santé 2030 : un milliard d'euros.
L'équipe de direction du BCF2I est en cours de recrutement. L'éminent virologue lyonnais Bruno Lina, son président (par ailleurs ex-membre du conseil scientifique du gouvernement et actuellement membre du Covars, le comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires), travaille à la constitution d'un comité scientifique indépendant.
D'ici la fin de l'année, les discussions avec l'Etat sur le financement de ce nouveau biocluster devraient par ailleurs aboutir. Car si le montant de l'enveloppe globale est connu (sauf surprise, 100 millions d'euros), ses modalités de déblocage n'ont pas encore été validées. « Si l'État nous verse 50 millions d'euros immédiatement, puis le reste dans deux ans, la structuration et les moyens du biocluster ne seront pas les mêmes que si des montants plus modestes sont débloqués au fil de l'eau. Nous serons fixés dans les prochaines semaines », note Florence Agostino Etchetto, directrice générale de Lyonbiopole, pôle de compétitivité santé à la manœuvre (en attendant la création officielle du BCF2I), aux côtés de bioMérieux, Sanofi, Boehringer Ingelheim, l'université Claude Bernard Lyon 1, les Hospices Civils de Lyon, l'Institut pasteur, l'Inserm-ANRS-MIE, l'APHP, l'Université de Paris Cité, la Région ainsi que les métropoles lyonnaise et grenobloise. Ces 100 millions d'euros devraient être abondés de près du double par des financements privés et provenant des collectivités territoriales.